Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 23:01

50 ans après… (Éditorial du vendredi 30/03/2012)

 

50 ans après la signature des accords d’Évian mettant fin à la guerre d’Algérie, le 19 mars 1962, les plaies ne sont pas encore refermées. Tout ce qui s’est passé là-bas et en France conditionne encore notre vie d’aujourd’hui et, la parole se libérant de plus en plus, nous apprenons sans cesse et tentons toujours de comprendre.

Pendant ces années de souffrances et de douleurs durant lesquelles les vies de quantités d’innocents ont été sacrifiées, c’est l’histoire coloniale de notre pays qui s’est effondrée. Les dirigeants de l’époque ont eu d’immenses difficultés à reconnaître leurs erreurs afin de sortir de l’impasse. Lorsque l’Algérie est devenue indépendante, la France n’était plus qu’un simple acteur de la construction européenne, plaidant ensuite pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

      

Pendant que l’Algérie fêtait sa victoire, la France cherchait à oublier sa défaite alors que 900 000 rapatriés devaient être accueillis, dont 30 000 à Montpellier. Quelques années plus tard, Mai 68 fera oublier la guerre d’Algérie mais peu de choses étaient résolues.

C’est en 1830 que la France s’est lancée dans la conquête du territoire algérien, une conquête qui a duré 30 ans parce qu’elle s’est heurtée à une résistance acharnée des populations. Système par essence inégalitaire, le colonialisme s’est installé. Pour échapper à la faim et à la misère, certains habitants se sont engagés dans l’armée française, les harkis. Dès 1945, alors que la France fêtait sa libération, les massacres de Sétif et de Guelma montraient que notre pays ne voulait rien céder dans ses colonies. Neuf ans plus tard, en 1954, l’histoire locale a basculé avec le déclenchement de l’insurrection, de ce qui deviendra une guerre d’indépendance. La France mettra d’ailleurs très longtemps pour admettre officiellement l’expression guerre d’Algérie (loi du 18 octobre 1999). Malgré tout, depuis 1970, le mot guerre était employé dans les manuels scolaires.

De l’autre côté de la Méditerranée, rien n’est facile. Les fondateurs comme Messali Hadj, Ferhat Abbas, Krim Belkacem, Mohamed Boudiaf… ont été mis de côté. En 1992, une guerre civile a amené encore des drames dont ce pays n’avait pas besoin. À son tour, Abdelaziz Bouteflika qui en est à son troisième mandat, tente de réussir la réconciliation nationale. Sans rien occulter du passé, cet anniversaire est l’occasion de faire progresser un peu plus l’amitié et la compréhension entre deux peuples qui ne peuvent et doivent que s’entendre.

Jean-Paul

Partager cet article

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
commenter cet article

commentaires