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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 00:00

Intérimaire mais plein d’espoir (Éditorial du 6/12/2013)

 

Sous l’impulsion de Hassan Rohani, Président élu en juin 2013, l’Iran sort peu à peu d’un isolement qui commençait à lui coûter très cher. La question du nucléaire, au centre de tous les problèmes, vient de se débloquer grâce à l’accord intérimaire signé récemment à Genève.

 

Les négociations ont été menées avec l’Iran par les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies (USA, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne), plus l’Allemagne. Il s’agit d’un accord pour six mois permettant d’obtenir des garanties sur le caractère pacifique du programme nucléaire iranien. L’enrichissement de l’uranium pouvant déboucher sur l’arme nucléaire, l’Iran a promis de ne pas dépasser 5 % au lieu de 20 % auparavant, ce qui faisait craindre un usage militaire aux pays occidentaux et à Israël.

 

En contrepartie d’une levée partielle des sanctions, la République islamique iranienne promet que cet uranium servira uniquement à son réacteur de recherche et à des fins médicales. Dans ce pays d’Asie de l’ouest qui compte 78 millions d’habitants, le soulagement est grand car les premiers touchés sont les Iraniens eux-mêmes : perte de pouvoir d’achat, classe moyenne étranglée, fossé de plus en plus grand entre les riches et les pauvres, chômage pour plus de 30 % de la population…

 

Pour l’État iranien, la note de cet embargo s’élevait à 89 millions d’euros depuis 2010. Les exportations de pétrole avaient chuté de 45 %. La croissance était négative (- 1,5 %) et l’inflation s’envolait à + 41,6 %. Ce n’est pas étonnant que la nouvelle de la levée limitée, ciblée et réversible des sanctions économiques envers leur pays ait déclenché des scènes de joie à Téhéran.

 

En effet, ce pays était exclu du système financier et bancaire international, ce qui rendait importation et exportation très difficiles. Aussi, la contrebande se développait et les prix grimpaient malgré des tentatives de troc avec la Chine.

 

S’il faudra du temps à l’Iran pour se relever du catastrophique mandat d’Ahmadinejad, élu en 2005 et réélu en 2009 malgré de fortes contestations, l’accord qui a été signé à Genève, va relancer l’industrie automobile iranienne, le commerce de l’or et des métaux précieux ainsi que les exportations pétrolières.

 

Ainsi, ce mois de novembre 2013 aura apporté un signe fort permettant d’espérer une paix de plus en plus solide dans cette partie du monde très sensible. Le contrôle et le suivi de l’efficacité de cet accord qui seront assurés dans les prochains mois, confirmeront ou non l’optimisme raisonnable auquel nous voulons bien souscrire.

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La Feuille d'Hector après le 9 juin 2013
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