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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 08:28

Diesel or not diesel ? (Éditorial du 27 septembre 2013)

 

En marge d’une actualité internationale toujours aussi dense et incertaine, un débat bien franco-français agite les médias : faut-il couper les ailes au diesel ?

 

D’après ce que nous lisons et entendons, notre pays serait champion du paradoxe en privilégiant depuis plus de trente ans un carburant très dangereux pour la santé à cause des particules  fines (PM10) qu’il dépose en suspension, dans l’air que nous respirons. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est catégorique : « Les gaz d’échappement des moteurs diesel provoquent le cancer du poumon chez l’homme. » Les voitures ne sont pas seules en cause car il faut ajouter le chauffage domestique et l’utilisation industrielle de ce même carburant. Cela paraît énorme mais, en 2005, la Commission européenne estimait à 42 000 morts prématurés, par an, en France, à cause de ces particules.

 

Les conséquences de cette dépendance au diesel ne sont pas seulement sanitaires mais aussi financières puisque, depuis le 19 mai 2001, la France est assignée devant la Cour de justice de l’Union Européenne (UE) pour « non respect des valeurs limites de qualité de l’air applicables aux particules en suspension, connues sous le nom de PM10. » L’État français risque donc d’être obligé de payer des amendes et de fortes pénalités.

 

Ce phénomène semblant vraiment une spécificité nationale, il est bon de faire un petit retour en arrière pour comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons. C’est au cours des années 1980 que le gouvernement de l’époque, afin de soutenir Citroën, Peugeot et Renault, a commencé à accorder des avantages fiscaux au diesel. Peu à peu, les gens se sont mis à acquérir des véhicules diesel malgré un surcoût à l’achat vite récupéré, surtout pour ceux qui roulent beaucoup. Résultat : en 1980, 8,3 % des voitures roulent au gazole, un pourcentage qui est passé à 63,3 en 2011 ! Actuellement, la différence de taxe perçue par l’État sur un litre de carburant est de 18 centimes en faveur du diesel et revient sans cesse le problème de la disparition progressive de cet avantage.

 

Rien n’est encore fait car il y a un vrai risque politique à augmenter la taxe sur le diesel pour rapprocher son prix de celui de l’essence. Pourtant, le débat mériterait d’être vraiment lancé : faut-il privilégier l’emploi et le pouvoir d’achat ou la santé des Français ?

 

L’autre question sûrement la plus fondamentale concerne la crise énergétique qui nous guette chaque jour un peu plus. Nous faisons comme si les réserves pétrolières étaient inépuisables mais nous savons que ce n’est pas le cas. Le bon sens voudrait que l’on gomme doucement l’avantage accordé au diesel pour que ce soit le moins indolore possible mais aussi que tout soit fait pour valoriser les ressources en énergie renouvelable et non polluante. C’est une question de volonté politique mais aussi de prise de conscience collective, ce qui ne semble pas encore pour tout de suite.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La Feuille d'Hector après le 9 juin 2013
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