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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 16:56

Pas rentables (Éditorial du vendredi 8/02/2013)

 

Les amateurs n’ont pas manqué d’être surpris en constatant toutes ces tribunes vides ou bien peu garnies lors des premiers matchs de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui a débuté au mois de janvier, en Afrique du Sud.

 

Se pose alors la question de l’utilisation de ces grands ensembles voués au sport et au spectacle et construits pour la Coupe du Monde 2010. Dans cet immense pays où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté avec moins de 50 € par mois, il est facile de comprendre les difficultés rencontrées par les gens pour acquérir des places au stade.

 

L’exemple le plus surprenant vient du Cap qui a refusé d’accueillir le moindre match parce que cela lui aurait coûté 5,2 millions d’euros. Là-bas, on n’a pas oublié que ce bel écrin est revenu à 440 millions d’euros dont 60 à la charge de la ville et que son entretien, en 2012, s’est monté à 3,4 millions d’euros. À Polokwane, dans le nord du pays, ce même entretien demande une dépense de 2 millions d’euros chaque année et c’est ainsi pour chaque infrastructure sportive. Dans le stade de Mpuwalanga (ex-Nelspruit), près du Mozambique, où quatre matchs de la Coupe du monde avaient été joués, 45 rencontres de foot ou de rugby se sont disputées depuis avec 15 000 spectateurs de moyenne pour 45 000 places.

 

Finalement, le seul grand stade rentable est Soccer City à Johannesburg, avec ses 90 000 places. S’y sont déroulés deux matchs de poule avant d’abriter la finale de la CAN mais aussi un concert des Red Hot Chili Peppers. Tout au long de l’année, ce stade accueille les matchs des Springbocks, l’équipe de rugby d’Afrique du Sud, et différentes finales nationales mais aussi des séminaires.

 

Revenons au Cap et à Durban où les grands clubs de rugby (Sharks, Western Province) n’ont pas été consultés avant la mise en place de ces nouvelles infrastructures sportives et refusent de déménager. Malgré tout, l’enceinte Moses-Mabhida de Durban coûte deux millions d’euros par an mais elle a un bon impact économique sur la région pour les commerçants, les jours de rencontres et de concerts. De plus, au bord de l’Océan Indien, la construction de Moses-Mabhida avait permis la réhabilitation du front de mer et l’élimination de l’insécurité.

 

Enfin, même si c’est désagréable, il faut rappeler Knysna et la visite d’une demi-heure, par les bleus, au township de Dam Se Bos. Nos représentants avaient promis, ce jour-là, de financer la réfection du terrain avec installation d’une pelouse synthétique là où, chaque semaine, jouent huit équipes. Tous les financements n’étaient pas trouvés mais la Fédération Française de Football (FFF) devait verser 100 000 € en deux fois, pour un coût total de 500 000 €, la ville, l’État et le privé devant compléter. En septembre 2010, la FFF a versé 50 000 €, somme qui a permis de rénover sanitaires et vestiaires. La suite du projet ayant été abandonnée, le solde ne sera pas versé mais le gouvernement français a envoyé trois entraîneurs qui ont formé trente cadres locaux pour un coût total de 200 000 €.

 

Une note positive en entraînant une autre, nous conclurons en soulignant que l’impact d’une belle enceinte sportive, dans tous les pays, ne se mesure pas qu’en rentabilité. Cela peut être source de fierté pour la population et permettre d’organiser de grandes célébrations ou manifestations culturelles…

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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