La Feuille d'Hector du 19 avril 2013 - Les moissons du futur

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Cette semaine, c’est un éditorial de la Feuille d’Hector un peu particulier que nous vous présentons : Jean-Paul traite ainsi de l’agriculture et des possibilités qu’il existe pour nourrir la planète dans les années à venir. Il fait ainsi référence à l’agroécologie, sujet mis en exergue par Marie-Monique Robin dans son dernier documentaire : Les moissons du futur. Ceux qui suivent l’affaire de Jean-Paul depuis ses débuts connaissent les différents ouvrages et reportages consacrés aux dérives des accusations de pédophilie dans le domaine de l’éducation. On peut citer notamment L’école du soupçon (2007) qu’elle était venue présentée lors d’une soirée organisée par le Comité de soutien. On la remercie une nouvelle fois car c’est elle qui nous a fait parvenir le DVD de son dernier documentaire afin de le transmettre à Jean-Paul lors d’un parloir. Bonne lecture.

 

L’urgence de l’agroécologie (Éditorial du vendredi 19/04/2013)

 

Alors que nous savons que la Terre produit assez de denrées alimentaires pour nourrir tous les êtres humains, il est impensable aujourd’hui de voir tant de personnes souffrir de la faim et en mourir.

 

v_les_moissons_du_futur.jpgS’appuyant sur un rapport présenté le 8 mars 2011 par Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation, Marie-Monique Robin, journaliste indépendante, démontre l’urgence de basculer vers l’agroécologie, dans un film intitulé Les moissons du futur. Ce film a été diffusé sur Arte, il y a quelques semaines.

 

Depuis longtemps, l’agriculture industrielle a atteint ses limites et cause tellement de dégâts qu’une prise de conscience générale est indispensable. Le meilleur moyen de convaincre est d’aller voir ce qui fonctionne et réussit un peu partout dans le monde. Que ce soit au Mexique, au Malawi, au Kenya, en Allemagne, en Pennsylvanie (USA), au Sénégal, au Japon ou même tout près de chez nous, dans le département de l’Hérault, les réussites existent. Des femmes et des hommes prouvent chaque jour qu’il est possible de retrouver une harmonie entre l’homme et la nature, tout en obtenant de quoi nourrir le plus grand nombre.

 

C’est dans l’État de Oaxaca, au Mexique, dans le pays où est né le maïs, il y a 9 000 ans, qu’un groupe de paysans donne le plus bel exemple d’agroécologie avec la milpa. Ce système agricole était déjà utilisé avant la conquête espagnole. On sème en même temps des graines de maïs, de haricots et de citrouilles. Le maïs sert de tuteur au haricot qui fixe l’azote de l’air et l’apporte au maïs pendant que les citrouilles gardent l’humidité du sol. Ainsi, les parcelles sont en parfaite santé. Il n’existe pas de mauvaises herbes car chacune a sa fonction pour nourrir les animaux, ceux-ci entretenant la fertilité du sol. La milpa fonctionne en circuit fermé. C’est un modèle d’agriculture durable.

 

Les chercheurs en agroécologie comme Miguel Altieri, professeur à l’université de Berckeley, en Californie, s’appuient sur des principes refusant les intrants (engrais chimiques, pesticides) utilisés en monoculture. Ils poussent à la bio-diversité, au recyclage, à l’augmentation des matières organiques du sol et à l’intégration des animaux. Ils prouvent que les petites fermes produisent plus que les grandes.

 

Nous savons que l’agriculture chimique utilise des pesticides détruisant insectes, oiseaux et poissons. L’eau et l’air sont pollués et de nombreux cancers en résultent. Au Malawi, petit état d’Afrique orientale, on augmente la fertilité du sol en enfouissant des feuilles de gliciridia trois fois par an. Cela s’appelle l’agroforesterie et se pratique aussi au Kenya. Sur le domaine de Restinclières, propriété du Conseil Général de l’Hérault, on cultive du blé sous des érables, des frênes, des micocouliers et des aulnes qui fixent l’azote, donnent une litière qui enrichit le sol, humidifient l’air, résistant ainsi au réchauffement climatique. Cela apporte un gain de 40% si l’on associe arbres (revenu à long terme) et cultures (revenu à court terme).

 

Ces quelques exemples prouvent qu’une autre agriculture est possible comme cette vente directe se développant en France grâce aux Amap (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) ; ce système créé au Japon, les Teikei, voit collaborer producteurs et consommateurs car la nourriture n’est pas un produit comme les autres.

 

Enfin, pour que les choses évoluent vraiment, il faudrait que les États cessent d’être au service de quelques multinationales qui monopolisent le pouvoir dans le système agricole. Ce qui doit primer avant tout, c’est le bien-être des populations et une vision à long terme ; un modèle de développement au moindre coût, tirant l’économie vers le haut.

Jean-Paul

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