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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 16:10

En Inde, une œuvre titanesque (Éditorial du vendredi 18/01/2013)

 

Pour sortir un peu des débats franco-français sur le mariage pour tous ou sur les émigrés fiscaux célèbres ou non, élargissons un peu notre horizon en nous tournant un moment vers l’Inde qui compte 1,2 milliard d’habitants et qui se lance dans une œuvre titanesque afin de tenter d’éliminer la corruption dans le versement des aides publiques.

 

Ravij Gandhi, alors qu’il était premier ministre, en 1985, estimait que, sur 100 roupies dépensées par le gouvernement, 85 étaient détournées par la corruption. Jusqu’à présent, les allocations et aides sociales étaient distribuées en espèces, le plus souvent par les chefs de village, de la main à la main. Pour casser cette logique, dès le début de l’année 2013, l’État indien a décidé de commencer à verser ces prestations sur un compte bancaire. Avec une telle population, dans un pays où les traditions ont la vie dure et où plusieurs dizaines de millions de personnes n’ont pas de domicile fixe, 210 millions d’Indiens ont déjà obtenu un numéro d’identité sécurisé par un relevé d’empreintes digitales. Ce nombre devrait tripler d’ici 2014.

 

Les plus démunis étant illettrés et vivant le plus souvent dans des villages isolés, sans électricité, le chantier est immense pour ouvrir tous ces comptes en banque. Ne pouvant ouvrir des agences partout, les banques ont fait preuve d’imagination, lançant dans les campagnes des correspondants circulant à bicyclette avec une machine portative pour enregistrer les transactions bancaires et distribuer l’argent. Commençant par verser les bourses scolaires et les pensions de retraite avec ce système, le gouvernement voudrait pousser jusqu’à l’aide à l’achat de denrées alimentaires. C’est là que les premières protestations se font jour parce que cela risque de mettre à mal le système de distribution publique de nourriture à prix subventionné déjà en place.

 

L’autre bémol concerne l’absence de conditions demandées pour le paiement de ces aides. À titre de comparaison, l’exemple du Brésil mérite d’être examiné car, là-bas, les primes ne sont versées que si l’enfant va à l’école et que si les vaccinations sont effectuées. Hélas, l’Inde ne possède pas encore les infrastructures suffisantes pour soigner et scolariser toute sa population.

 

L’enjeu d’une telle transformation, bouleversant les habitudes est immense. Elle devra toucher la bagatelle de 720 millions de personnes d’ici à 2014, pour un montant de 45 milliards d’euros à distribuer sur les comptes bancaires des plus démunis. C’est un beau défi pour un pays qui pèse de plus en plus lourd dans l’économie mondiale.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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