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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 23:01

1ère partie

 

Je regrette de ne pas avoir eu avec moi de quoi prendre des notes : la liste aurait pu s'allonger encore et encore...

 

En deux heures de temps, je venais de revivre la semaine passée à Privas.

 

Un autre ressenti très fort fut la description de la vie carcérale.

 

Quand l'abbé Wiel parlait, je voyais Jean Paul. Et ce fut une épreuve. Les brimades. La peur des autres détenus (les « pointeurs » (violeurs d'enfants dans le langage des prisons) sont au plus bas de l'échelle des détenus. Les 4 premiers mois dans une petite prison, puis le transfert, sans en avoir été informé, vers Fleury-Merogis (5000 détenus !), heureusement en quartier d'isolement. Et les affaires personnelles (vêtements, ...) qui ne suivent pas, parce que le transporteur veut être payé d'avance... Il faudra que ce soit la famille qui paye pour que les affaires soient enfin transférées ! Et deux ans plus tard un nouveau transfert, vers une autre prison, sans quartier d'isolement cette fois-ci. Et les caillassages dans la cour de promenade par les autres détenus (pointeur...) à tel point qu'il finit par ne plus se rendre aux promenades pour ne pas être blessé. La rencontre avec ce détenu dont il se persuade très vite qu'il est lui aussi innocent. Et qui, lors de la révision de peine, n'obtient pas de remise de peine parce qu'il refuse d'avouer... un crime qu'il n'a pas commis ! Les parloirs, difficiles à obtenir, parcours du combattant pour la famille, les heures de routes pour ½ heure de parloir. Les appels à ne pas rater, sous peine de perdre son tour et donc un déplacement du visiteur « pour rien »...

 

Et le plus dur fut sans doute de comprendre que, lors du procès en appel, si la mère des enfants n'avait pas fini par

« craquer », tous les accusés seraient à ce jour en prison...
 

Et comme le dit l'abbé Wiel, ce sont non seulement les vies des innocents condamnés qui sont détruites mais aussi celle de leur famille, de leurs enfants...

 

Alors quand j'ai pris la parole à la fin de cette conférence pour parler de Jean Paul, c'est la gorge extrêmement serrée que j'ai essayé de faire comprendre que ce que nous avions vécu à Privas, ce que Jean-Paul vivait depuis des années et continuait de vivre ressemblait étonnamment à ce que nous venions d'entendre.

 

Il faut le faire savoir.

 

Et ne jamais lâcher. » 

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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