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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 12:04

Entretien réalisé le 30 septembre 2007

 

Bonjour […], et merci d’accepter de me recevoir. Tout d’abord, je suis un peu surpris, dans le verdict, tu es considérée comme une victime de Jean-Paul Degache…
   
R: Mais jamais de la vie ! Je ne comprends pas ce verdict et je ne suis pas la seule ! Je ne suis absolument pas une victime de Jean-Paul, il ne m’a jamais fait subir des attouchements sexuels et je l’ai dit à la barre ! Quelque part, il est en prison pour partie à cause de moi et je trouve ça profondément injuste.
 
Concrètement, tu étais en classe avec lui de 1996 à 1998, lors du procès, quelques témoins ont réellement parlé d’attouchements et d’agressions sexuelles, tu as assisté à de pareilles scènes ?
 
R: Franchement non, absolument jamais, Jean-Paul aimait bien ses élèves, effectivement il lui arrivait de nous toucher, je me souviens de tapes d’encouragement sur l’épaule, mais enfin ce n’est quand même pas ça qui l’a envoyé en prison ! Ce genre de geste d’affection, c’est même important pour mettre un élève en confiance, surtout ceux qui, comme moi à l’époque, étaient en difficulté dans certaines matières.
 
Tu n’as vraiment pas de souvenirs ? On a dit lors du procès qu’il mettait certains élèves sur ses genoux ?
 
R: Je n’en ai aucun souvenir très précis : qui Jean-Paul aurait pris sur les genoux ? Si c’était souvent ? En tout cas moi il ne m’a jamais mise sur ses genoux, je ne me souviens que de la seule fois où il m’a réellement touchée, c’était après que je sois tombée sur le goudron, et j’étais bien contente qu’il me porte, parce que j’avais vraiment mal. Honnêtement, et je l’ai répété plusieurs fois au procès : si j’avais subi ou assisté à des gestes déplacés ou pervers, je m’en serais rappelée ! Tu sais, à cet âge là, on sait bien ce qu’un adulte peut ou ne peut pas faire… En plus, franchement, j’étais très bien placée dans la classe, s’il s’était passé quelque chose au bureau je l’aurais vu. A vrai dire, c’est impossible qu’en ma présence, il se soit passé quelque chose.
 
Enfin tu es bien au courant que certaines de tes anciennes camarades se sont plaintes, une d’entre elles est même partie civile au procès…
 
R: Ecoute, tu sais, les filles, en primaire, elles cherchent à retenir l’attention de l’instituteur, si une d’entre elles bénéficie de plus d’attention, on la repère tout de suite et on est limite jalouses… Or je ne me souviens vraiment pas avoir été jalouse de qui que ce soit à l’époque où Jean-Paul Degache était mon instituteur.
 
Les filles dans ta classe avaient elles un comportement particulier, il y avait des petits groupes ?
 
R: ça oui, il y en avait quelques unes qui se battaient pour être les préférées [elle me cite le nom de plusieurs témoins et de la plaignante] et qui ricanaient souvent entre elles. En en parlant un peu, je trouve étrange que [la plaignante] ait pu dire qu’elle souffrait avec Jean-Paul, au contraire, elle paraissait très heureuse.
 
Cela a duré comme ça jusqu’au mois de mars 1997, là vous avez été convoquées et interrogées… tu t’en souviens ?
 
R: Oui, on a eu un appel le samedi matin, les gendarmes ont dit à mon père que nous devions aller témoigner car quelque chose de grave se passait à l’école… Dès mon arrivée à la gendarmerie, on s’est retrouvés séparés pour nos témoignages. C’est là que je m’interroge un peu…
 
C'est-à-dire ?
 
R: Sur les conditions du témoignage, sincèrement, je ne me souviens que de questions auxquelles j’ai répondu par oui ou par non, rien de plus, alors après quand on m’a relu au procès les phrases que j’aurais prononcées, franchement, c’était beaucoup trop construit pour que j’aie réellement dit des choses pareilles. Je pense qu’ils ont peut être reconstitué des phrases à partir de mes réponses…
 
Au procès pourtant, tu as bien dit que tu avais sans doute vraiment dit ça, non ?
 
R: Oui, mais attends : mets toi à ma place, tu rentres dans une salle bondée, tu n’as rien préparé, tu as l’avocat général qui commence à te menacer si tu fais un faux témoignage et la Présidente qui relit ce que j’étais sensée avoir dit. Souviens toi, j’ai juste dit : « si c’est écrit, c’est que j’ai bien dû le dire », mais bon, franchement ça m’a surprise, je sais bien que j’étais super intimidée chez les gendarmes… tu sais deux gendarmes qui t’interrogent toute seule, sans tes parents, ce n’est pas super pour se sentir en confiance, et puis franchement, je ne me voyais pas contredire des hommes en uniforme, donc j’ai presque dit « oui » à tout, ce qui peut expliquer que, dans le compte rendu, je dis que c’est un super instituteur et en même temps qu’il m’a touchée…
 
En fait, vu que tu as confirmé la retranscription de ton interrogatoire, c’est ça qui t’a fait devenir une « victime » de Jean-Paul…
 
R: Mais je te le répète, je ne suis pas une victime ! Je n’accepte pas qu’on dise des choses alors que ce n’est pas vrai !
 
Alors comment expliques-tu que quelques filles de ta classe disent des choses à la barre que tu n’as ni vues, ni subies ?
 
R: Mais je n’en sais rien moi ! Je peux juste te dire que le week-end avant le procès, l’une des témoins à charge est rentrée en contact avec moi, une amie m’a confirmé qu’elle l’avait appelée aussi, comme nous n’avons pas donné suite, elle ne nous a pas rappelées.
 
Et après le CM2, vous vous êtes un peu revues non ? Vous n’en avez jamais parlé entre vous, personne ne s’est jamais plaint de Jean-Paul ?
 
R: Non, jamais ! Je n’avais même pas eu vent de rumeurs en fait, rien du tout.

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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