Extrait de courrier écrit par Jean-Paul

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Extrait d’une lettre envoyée le 30 mars 2011 de Villeneuve-lès-Maguelone

 

Mon cher Jean-Pierre,

 

Je t’ai bien trop fait attendre pour te répondre mais j’espère que tu ne m’en voudras pas parce que tu comprends que je dois faire face à beaucoup de courrier. Je m’efforce de répondre à mes très nombreux correspondants[1] petit à petit, en tenant compte de la date de réception de leur lettre. En principe, je ne peux faire qu’une lettre chaque soir parce que, maintenant je suis très occupé la journée. Déjà, j’avais pu m’inscrire à un maximum d’activités du centre socio-pédagogique mais depuis le 22 mars, je travaille ! Je suis habillé tout en bleu par la maison qui fournit pantalon, 2 tee-shirts et veste. […]

 

Je ne suis resté qu’une journée au CHU. Par contre, il va falloir que j’y retourne pour un nouveau scanner. J’espère ne pas être emmené par la même équipe que l’autre fois parce que ces brutes m’ont non seulement menotté mais aussi entravé les chevilles. J’étais complètement anéanti lorsque je me suis fait trimballer, dans l’hôpital, assis sur une chaise roulante toujours enchaîné… Enfin, on m’a fait la fleur de ne pas m’attacher au lit ! Le soir, c’est la police nationale qui m’a ramené et cela s’est passé nettement mieux. C’est le plus gros problème, dans l’endroit où je me trouve. Je peux me trouver avec des gens charmants, civilisés, ayant des rapports humains normaux avec moi mais, n’importe quand, peut se produire une mauvaise surprise déclenchant des instants très difficiles à vivre.

 

Je t’embrasse bien fort

Jean-Paul

 

Ces quelques mots risquent d'être décalés avec ce que Jean-Paul a écrit et peut être même maladroits, car malgré ses soucis de santé, il dégage une telle force qu'il m'est bien difficile de  m'exprimer après la lecture de sa lettre.  Il "prend à cœur" ce travail, qui l'occupe huit heures par jour ce qui n'est pas rien ; il participe à différentes activités; il trouve le temps de lire, de répondre à ceux qui le soutiennent... Il a décidé dans sa tête de se battre et il a raison. J'ai connu Jean-Paul quand il avait vingt ans, passionné de vélo, passionné par son travail et déjà l'envie d'apporter un plus à ses élèves. Je me suis toutefois posé la question de sa culpabilité mais les présumés faits qui lui sont reprochés sont absolument impossibles.

 

Jean-Pierre



[1] 489 correspondants différents pour un total de 1356 lettres reçues et 756 envoyées

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