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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 06:18

Suite et fin de l'interview de deux personnes ayant assuré les entraînements avec Jean-Paul. Si vous aussi, vous avez participé à l'école de korfbal, n'hésitez pas à venir apporter votre témoignage. Bonne lecture.

 

Partie 1

 

- On lui a reproché d’être rentré à plusieurs occasions dans le vestiaire des filles. Pouvez-vous nous dire si les vestiaires étaient utilisés par les jeunes ?  

 

A : Pour ce qui est des vestiaires, les jeunes n'y passaient pas, sauf pour changer de chaussures pour la simple raison qu'ils arrivaient la plupart du temps déjà en tenue de sport. Jamais je n'ai vu un seul enfant prendre une douche après l'entraînement ; il me semble qu'à cet âge là, c'est le cas dans beaucoup de sports où l'on ne termine pas la séance couvert de boue !

Si je suis persuadé que Jean-Paul ne rentrait pas dans les vestiaires, c’est parce que :

            - d’une part, l'installation et la préparation de la salle nous prenaient du temps (remonter les panneaux de basket à la main, installer les poteaux de korfbal, regonfler les 20 ou 25 ballons nécessaires...), et au fur et à mesure de l'arrivée des enfants, ils venaient nous rejoindre dans la salle pour nous aider.

            - d’autre part, à la fin de l'entraînement, l'école de basket nous succédait, et pendant que nous rangions le matériel, les enfants disparaissaient très vite, si bien que lorsque nous avions terminé, les seuls enfants encore présents dans le gymnase étaient ceux qui participaient à l'entraînement de basket.

C’est pourquoi je ne vois vraiment pas comment Jean Paul aurait pu entrer dans le vestiaire des filles.

 

B : Le créneau horaire étant assez court (2 heures), les enfants arrivaient en tenue de sport ; ils utilisaient les vestiaires uniquement pour changer de chaussures car c’était exigé afin de ne pas abîmer le revêtement de la salle. 

 

- Aviez l’habitude d’y entrer ? Et si oui, pourquoi ?

 

A : Je ne rentrais jamais dans le vestiaire des filles, pas plus que les autres animateurs masculins.

 

B : En qualité de maman et de personne encadrant les jeunes, j’allais exceptionnellement dans les vestiaires presser les retardataires qui bavardaient.

 

- Enfin, lors du procès en appel à Nîmes, l’Avocat général a comparé ce sport avec du sport en chambre dans son réquisitoire. Quel est votre avis ?

 

A : Comparer le korfbal à du sport en chambre est une stupidité qui ne démontre que l'ignorance de celui qui tient ces propos. Ignorance que nous avons eue l'habitude de croiser autour de nous, et fantasme sur le fait que ce sport soit mixte. Mais ce sport, s'il est bien peu développé en France est le 2ème en nombre de licenciés aux Pays-Bas (100 000 licenciés, juste derrière le foot, et devant le basket), où il y a même un championnat professionnel. Il se joue sur les 5 continents (surtout dans les anciennes colonies hollandaises) et il y a des championnats d'Europe et du Monde.

Ainsi c'est un vrai sport, très collectif, sans contact et mixte, idéal pour des enfants en école primaire et collège. Voilà pourquoi en France, il s'est développé surtout auprès des instituteurs.

Et donc dire que le korfbal est un sport en chambre me révolte, et de la part d'un avocat général, c'est soit de l'ignorance, soit une volonté de frapper l'esprit des jurés en faisant fi de la réalité. 

 

B : Je suis outrée par de tels propos diffamatoires, cela dénote une totale méconnaissance de ce sport et de ses valeurs éducatives. Ce magistrat se serait-il permis de faire une comparaison aussi infondée avec un autre sport ? En tout cas, cela montre que l’avocat général était convaincu de la culpabilité de Jean-Paul alors qu’il n’a pas pris la peine de prendre réellement connaissance de l’affaire. Je n’imagine même pas les jurés…

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans "L'affaire DEGACHE"
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commentaires

Julien Genestoux 03/12/2010 09:15



Dans un procès d’Assises, comme chacun sait, l’Avocat général (souvent appelé Procureur) représente la société, c’est-à-dire vous, moi, nous tous, la société qui demande que justice soit faite,
la République, au nom de ses lois et de ses valeurs. Dans son réquisitoire du 26 mars 2010, l'Avocat général auprès de la Cour d’appel de Nîmes, réputé être « un orateur de talent qui saura, avec
une simplicité et une érudition rare, vous faire partager le sens du devoir et de l'indépendance de la justice dans la mission qui lui a été confiée » (Héraut Tribune), a déclaré au sujet du korfbal que "si on mettait cela dans un film
sur la pédophilie, personne n'y croirait!" La fédération Internationale de Korfball peut apprécier… 
Question : l’Avocat général aurait-il fait la même réflexion déplacée s’il s’était agi de tennis mixte ?



Jean 02/12/2010 15:59



Je me souviens trés bien de ces années, ou Jean Paul "introduisit"  le korfbal à sarras. J'étais moi mème, dans le milieu associatif à cette époque. Sa réussite, lui a rapidement attiré
jalousie, rancoeurs et inimitiés de la part d'autres gens, qui hélas, n'étaient pas aussi pédagogues. Avec le temps, et avec toutes les activités publiques qu'exerçaient cet instituteur fortement
impliqué, la rancune de certains, c'est transformée en HAINE.



Daniel Berthet 02/12/2010 12:34



Cette appréciation de l'avocat général démontre parfaitement le peu d'importance de la réalité lorsque le préjugé de culpabilité règne en maître dans le théâtre des assises. Je recommande à tous
les lecteurs de ce blog la lecture d'un article du canard enchaîné de cette semaine qui se trouve en page 5 (intitulé "Des verdicts très motivés...") et qui rapporte le témoignage d'un juré
(anonyme, c'est indispensable) après un procés d'assises. C'est édifiant ! Peut-on croire que les jurés sont en mesure de juger "en conscience" lorsqu'ils subissent de telles pressions...