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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 08:17

Jean-Paul nous avait retranscrit, il y a quelques jours, sa  garde à vue de 2002 : nombreux interrogatoires où l'on a essayé de le faire craquer, les tentatives de déstabilisation et au final un traumatisme à jamais gravé au fond de lui. Afin d'être le plus complet possible, Jean-Paul revient à présent sur ce qui a suivi sa sortie de garde à vue et les contraintes des années de contrôle judiciaire.

 

 

            Vendredi 8 février 2002. Quand on vient de subir 48 heures de garde à vue avec toutes les souffrances et les pressions tant physiques que psychologiques que cela impose, être présenté à un juge d’instruction est presque un soulagement. Pourtant, l’interrogatoire semble interminable. La présence de mon avocat est rassurante mais inopérante puisqu’il n’a pas pu avoir accès au dossier et découvre ces accusations incroyables que l’on me demande d’expliquer, moi qui n’ai même pas imaginé commettre de tels actes et en suis bien incapable !!!

 

            Les deux gendarmes qui m’ont amené ici, à Privas, depuis Tournon, sont là debout, encadrant la porte… comme s’ils m’attendaient pour me conduire en prison. D’ailleurs,  pendant la garde à vue, l’un deux me l’a bien promis : si je n’avouais pas, le juge ne me ferait pas de cadeau ! Pourtant, je tiens bon et, fort de mon innocence, je résiste à toutes les pressions, à toutes insinuations. C’est pourquoi, lorsque le juge conclut en disant qu’il me place sous contrôle judiciaire, j’ai du mal à ne pas pousser un gros soupir de soulagement et… à ne pas le remercier… Il dit que je devrais aller signer chaque semaine à la gendarmerie et j’ai l’impression qu’il me fait presque un cadeau…

 

            En guise de cadeau, je sais que je ne peux plus exercer la moindre activité professionnelle ou bénévole me mettant en présence de mineurs. Je suis devenu subitement un pestiféré, un être dangereux, moi qui, il y a quinze jours à peine, étais avec 25 élèves en classe de neige à Albiez-le-Vieux en Savoie ! Je suis aussi contraint de rester dans les limites du territoire national. Si je veux partir en vacances, il faut, au préalable, en avertir le juge… Dire que j’accepte tout ça avec le sourire serait exagéré mais je préfère tout à la prison. Je pense alors que, si je ne suis pas mis en détention préventive, j’échapperai à ce traumatisme supplémentaire puisque je suis certain que, tôt ou tard, mon innocence ne pourra que s’imposer.

 

            Dans la salle des pas perdus, je retrouve mon épouse et ma famille qui m’attendent en compagnie de quelques amis. Ces retrouvailles presque inespérées sont source de beaucoup d’émotion mais l’heure est à l’optimisme puisque ces deux jours de « folie » se terminent « presque bien ».

 

            Chaque semaine qui va suivre, pendant 5 ans, je ferai 4 km qui séparent mon domicile de la gendarmerie d’Andance afin de signer la feuille de mon contrôle judiciaire. Pour moi, chaque semaine qui commence est source de stress parce que je suis vraiment soulagé lorsque j’ai signé. J’essaie d’être régulier en y allant le même jour mais, très vite, ça va se dégrader parque qu’Andance est une petite gendarmerie avec peu de personnel. Il m’arrive donc de me retrouver devant une porte fermée et d’avoir, à l’interphone-téléphone, la gendarmerie d’Annonay ou même de Privas. A ce moment-là, je sais que je devrais repasser…

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Les procès vécus par Jean-Paul
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