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Les accusations datant des années 78-80 resteront classées sans suite car couvertes par le délai de prescription. Cela étant, la partie civile dont l’accusation enverra Jean-Paul Degache devant les assises apparaît en 2001.
Le 1er juin, elle accuse Jean-Paul Degache de caresses sur le sexe, au bureau, devant toute la classe. On retrouve une fois encore les mêmes arguments, mais aucun ancien élève de la classe ne peut confirmer avoir été témoin d’un tel « viol en public ».
Au contraire, elle affirmera en avoir parlé à sa confidente qui, interrogée ultérieurement, invalidera complètement le témoignage de son ancienne amie.
C’est en 2001 que l‘affaire est définitivement relancée puisque les nouvelles auditions vont également révéler des accusations d’attouchements sexuels durant la période de 1994 à 1997.
Le 3 juin, une ancienne élève dépose une plainte, parle de caresses des cheveux aux genoux, une fois par semaine au bureau.
Une autre parle de caresses sous les vêtements mais pas sur le sexe tout en reconnaissant avoir fait un stage pédagogique dans le cadre de sa formation supérieure dans la classe de Jean-Paul Degache fin 2000 qui s’est très bien déroulé. Autrement dit, une victime de Jean-Paul Degache viendra, une fois adulte se former auprès de son bourreau…
Malgré la proposition des gendarmes, aucun plaignant et témoin accusant Jean-Paul Degache de faits criminels sur la période de 1994 à 1997 n’acceptera de déposer en présence d’une caméra.
Les autres élèves nient tout problème. Certains indiquant, par exemple, que les corrections des cahiers ne se faisaient pas derrière le bureau, contredisant complètement les accusations.
Le 13 septembre, une ancienne élève entendue comme témoin tient des propos peu explicites à la gendarmerie sur la période de 1995 à 96 mais qui suffisent à la ranger dans la catégorie des victimes. Ceux-ci sont d’ailleurs systématiquement infirmés par de nombreux témoignages, dont la qualité et la précision semblent bien différentes. Le propre frère de cette élève viendra infirmer les propos de celle-ci par la suite et indiquera l’antipathie profonde qu’elle nourrissait contre son ancien instituteur.
Le 14 octobre une notable du village qui a soutenu Jean-Paul Degache en 97, affirme qu’elle n’a rien vu mais a tout appris par des rumeurs, ce qui est d’ailleurs le cas de beaucoup de protagonistes de cette affaire. Elle ajoute : « Il lui faut un autre emploi, une mutation dans la fonction publique sur un poste sans contact avec les enfants.»
La suite de l’affaire est connue : garde à vue, enquête, bataille d’experts et de procédure. Le coup fatal porté à Jean-Paul Degache sera le renvoi de son affaire devant la Cour d’assises qui, nous l’avons vu, est un tribunal sans pitié lorsqu’il s’agit d’affaires de mœurs.
Longtemps, Jean-Paul Degache se demandera comment tout cela a pu arriver. Il se sait innocent et cherchera des scénarios alternatifs, des explications, en vain. En refaisant l’historique, on s’aperçoit que des éléments peuvent permettre de bâtir cette alternative.