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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 00:01

Tri Yann : Rummadoù (Générations). Label Avelouest, février 2011

On aimerait pouvoir écouter encore et encore ce groupe nantais qui a tant régalé de monde tout au long de plusieurs décennies. Hélas, le temps passe et il est difficile d’oublier tous ces morceaux cultes qui ont permis à plusieurs générations de découvrir et d’adorer la musique bretonne et les chants traditionnels celtiques, à la suite de l’emblématique Alan Stivell, de Dan ar Braz ou encore Gabriel Yared… Ce type de musique correspond tellement à une attente du public qu’une chanteuse que l’on n’attendait pas forcément sur ce terrain-là, vient de se tailler un beau succès avec un disque de reprises de chansons bretonnes.
Pour revenir à Tri Yann, il faut quand même dire que les trois Jean de Nantes du début (Jean-Louis Jossic, Jean-Paul Corbineau et Jean Chocun), « Tri Yann an Naoned » rejoints par d’autres chanteurs et musiciens de grand talent comme Gérard Chocun, Jean-Luc Chevalier, Konan Mevel, Freddy Bourgeois et Christophe Peloil, ont su faire leur chemin, de concert en spectacle et d’album vinyle en CD. Pourtant, ils n’ont jamais bénéficié de la promotion radio-télé qui établit la célébrité. Ce n’est qu’au cours de ces dernières années que les médias ont enfin fait écho à leur superbe carrière.
Se refusant à empiler les chansons, Tri Yann, à plusieurs reprises, a écrit, composé, repris, travaillé autour d’un thème, d’une histoire. C’est le cas de rummadoù (Générations), ce CD réalisé en 2009 – 2010 qui propose 15 titres plus un bonus très disco qu’il faut avoir la patience d’attendre.

L’histoire commence en 463, lorsque six jeunes Écossais quittent leurs îles natales Na i ri o. le plus jeune,  Lochian Mor, séduit par Morenwyn, traverse la Manche avec sa belle. Ils s’installent à Plonéour-Ménez, dans les Monts d’Arrée, où ils fondent une famille… La saga rummadoù est lancée…

Les siècles passent et l’on vit au rythme des événements avec les descendants de Lochian et Morenwyn qui vivent le siège de Nantes par les Normands, en 843, Ar Vikinged.

En 1096, Patern part pour la première croisade et raconte à son retour. Puis, en 1348, une épidémie de peste ravage la Bretagne et nous arrivons à la fin du XVe  pour faire connaissance avec Naïk ar Bihan, une fille follette. Bientôt, la Bretagne est rattachée à la France et…deux générations plus tard, Rozenn ar Bihan, nous apprend à faire de bonnes crêpes !

Arrive 1735. Marie Tromet est appelée la Mandrin en jupons et un des descendants de cette grande famille devient son amant. Elle est marquée au fer rouge en place publique à Rennes, en 1746, puis pendue à Quimper, le 17 mai 1755. Cette Complainte de Marie du Faouët est un véritable déchirement tellement la voix sensible de Jean-Paul Corbineau est émouvante.

Après un titre en anglais, l’histoire continue à se dérouler. Chanson du baleinier François Le Billant permet d’apprécier un vrai chant de marins et l’on écoute Le prisonnier de 39-45 qui est le petit-fils de François Le Billant, le cap-hornier. Il dit tout son espoir car  «le bruit court que l’on va rentrer à la maison », une belle chanson emplie de toute la tristesse de ceux qui sont privés de Liberté.

Ensuite, c’est un cousin parti faire fortune à travers le monde et qui dit son mal du Pays dans L’exilé des sixties. Son frère a fait comme beaucoup d’autres bretons. Il est parti vivre dans la région parisienne. Adieu Kerblouze, c’est la chanson que l’on voudrait pouvoir se repasser en boucle parce qu’elle a toutes les qualités. Entraînante, pleine d’humour et au langage fleuri, on prend aussitôt plaisir à la fredonner. De plus, c’est un tableau réaliste de notre époque : « soit chomiste à Kerblouze, soit à Cradovilliers. » On finit bien sûr en breton avec Glen glas, une chanson pleine de poésie.

Un grand merci à Ghislaine qui m’avait offert ce CD pour mon 61e anniversaire, en souvenir des trois concerts de Tri Yann vécus avec Vincent et Simon, nos deux garçons. Rummadoù  (Générations) porte bien son nom puisque Jeanne et Emma, nos petites-filles, adorent l’écouter.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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