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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 23:01

Têtes Raides, L’an demain,

Label Tôt Ou Tard, janvier 2011.

 

C’est d’abord une voix chaude, envoûtante et prenante, une voix qui vous accroche, celle de Christian Olivier. S’il est l’auteur des textes, il faut dire qu’il est fort, bien entouré par six excellents musiciens : Serge Begout, Anne-Gaëlle Bisquay, Eric Delbouys, Pierre Gauthe, Antoine Pozzo dit Borgo et Grégoire Simon. Ils apportent leur contribution à la mise en musique, donc à la valorisation de paroles ciselées et riches en émotions. Violons, violoncelle, guitares, batterie, basse, cuivres, accordéon et contrebasse  s’épanouissent au fil des chansons, faisant un régal de ce disque qui s’apprécie encore et encore.

Depuis 2003, les Têtes Raides n’avait pas produit de disque mais cette attente est vite effacée par la qualité de celui-ci. Il débute par « L’an demain », chanson dont le titre a baptisé l’album.

 

Cette « Ode à la nuit, ode à Marie » est pourtant vite supplantée par « Fulgurance », la chanson suivante, plus rapide, plus folle. S’il fallait en détacher une parmi les treize titres proposés, ce serait celle-ci :

            « Fulgurance offre-moi cette danse

              Injecte-moi les flammes de la transe

              Fulgurance offre-moi cette chance

              Envole-moi à m’en prendre les sens ».

Comment ne pas citer ce cri d’amour poussé peu avant la fin de la chanson, des mots hélas oubliés dans le texte du livret ?

            « Mes oriflammes c’est tes cheveux

              Et mes vagues à l’âme

              Flottent au milieu ».

Ensuite, pas le temps de respirer puisqu’arrive le bijou inséré dans ce disque : « Emma ». Jeanne1 Moreau est revenue chanter en duo avec Christian Olivier, un moment de pur bonheur.

            « Emma m’aima je n’sais pourquoi Emma

               M’aima-t-elle Emma pourquoi moi… »

 

Viennent ensuite la forteresse « Angata » puis « Marteau-piqueur », chanson où la voix de Christian Olivier me rappelle celle de François Beranger, un artiste qui aurait mérité bien davantage de célébrité.

« J’m’en fous », très rock, décoiffe. « Météo » commence par une belle intro à l’accordéon avant d’offrir des textes surréalistes très poétiques. « Gérard » est un bel hommage à l’amitié, superbement écrit.

« So free », en anglais, n’est pas un problème puisque, pour une fois, on comprend…

            «  Vu le temps qu’il nous reste

                Mille ans à peine

                Il faudra que tu m’aimes           

                Et pas que ça traîne »…

Ainsi débute « Pas à pas »qui aborde l’ambigüité du temps qui fuit. Dans « Olé », j’aime bien le refrain très enlevé.

Le disque se termine avec « Maquis» aux accents pleins de nostalgie et « Je voudrais » qu’il faut prendre le temps d’écouter parce qu’y sont bien décrits ceux qui, dans la rue, n’ont plus que leurs yeux.

Jean-Paul

Merci infiniment à Jeanne, Pauline et Simon qui m’ont permis de prendre le temps de déguster et d’apprécier ce superbe disque des Têtes Raides.

 

Bonus

Le 30 avril 2011, Christian Olivier était l’invité de Philippe Meyer, sur France Inter, dans l’émission « La prochaine fois, je vous le chanterai ».

Ainsi, j’ai appris que cet artiste est né à Bamako, au Mali et que, comme il l’a dit lui-même, il a eu une enfance africaine.

Au cours de l’émission, il a fait écouter Georges Brassens, Damia, Bashung, Jeanne Moreau et Jacques Brel. J’ai pu noter qu’il aimait beaucoup les arts graphiques et qu’il n’hésitait pas à se frotter à d’autres modes d’expression artistique. Séduit par l’accordéon, il a appris à jouer de cet instrument en une semaine…

Enfin, s’il le pouvait, il inviterait sur scène, Tom Waits, un artiste que je ne connais pas, Mano Solo et …Olivia Ruiz, bien sûr !

 

1 L’association de ces deux prénoms qui me sont chers, est le pur fruit du hasard…

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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