Chronique musicale, Oldelaf

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Oldelaf,  Le monde est beau, Roy Music, distribué par Universal, 2011

 

Le Monde est beau, titre de l’album, donne le ton d’emblée : une voix très agréable, facilement enjouée, et un humour très juste à propos de ce que l’on nomme les réseaux sociaux, dès la première chanson.

 

Oldelaf, raccourci de Olivier Delafosse, n’est pas un débutant dans le monde de la chanson puisqu’il a débuté en 2000 avec Monsieur D (Frédéric Draps). Il lui est arrivé aussi de chanter avec d’autres groupes comme les Fatals Picards. Un premier album sort en 2003. À partir de 2005, le groupe évolue puis sort un second album en 2006 et démarre une tournée qui durera trois ans. En 2008, Oldelaf et Monsieur D crée un album pour enfants (Bête et Méchant), album récompensé par l’Académie Charles Cros. En 2009, sort un troisième et dernier album et le 30 janvier 2010, c’est le dernier concert à l’Olympia. Olivier Delafosse, dit Oldelaf choisit ce moment pour repartir en solo, bien entouré par Julien Breton, Alexandre Zapata, Victor paillet et Fabrice Lemoine.

 

Il faut vraiment écouter encore Le Monde est beau, triste réalité d’aujourd’hui : « Ils font partie du même réseau… Chaque jour on est plus nombreux à être seul dans le bateau. » Aujourd’hui, certains n’ont jamais eu autant d’amis « qui souvent ne se connaissent pas. »

  Suivent onze autres chansons aigres-douces comme cette petite amie qu’il appelle gentiment Sparadrap, mais c’est un jeu à deux. Vous avez peut-être entendu, au hasard d’une émission télé ou radio, quelques mots de La Tristitude, chanson dans laquelle Oldelaf rappelle quelques moments désagréables de la vie ordinaire : « La Tristitude, c’est franchir le tunnel de Fourvière le 15 août… ».

Le malaise est complet avec Courseules-sur-mer, épisode tragi-comique d’un couple d’amoureux en week-end au mois de novembre sur une plage de Normandie…Danse nous emmène sur la piste au cours d’une soirée un peu arrosée où chacun se décomplexe : « Quelle chance de te voir danser comme ça. » Quant aux filles qui s’appellent Valérie, cette chanson fait penser à ce qu’écrivait Vincent Delerm. Oldelaf rythme davantage et sur une ligne mélodique enlevée, retrace toute une vie des « héritières de 68 ». Dans Vendredi, toujours avec le même humour, l’artiste décrit bien tout l’ennui d’une vie sans relief : « J’m’ennuie…Mais j’ai la clim dans la Mégane. J’m’ennuie… »  et pourtant il a tout ce dont il a rêvé.

 

Les Mains froides est un autre instantané d’une vie amoureuse, chanson pleine de retenue et de tendresse. Savoureuse Jardinière de légumes ? Enfin, pas pour Oldelaf qui prend sa petite voix pour se venger de tous ceux qui lui ont servi cette jardinière de légumes qu’il n’aime décidément pas mais qui lui a inspiré une jolie chanson : « Et avouons-le, ça va plus vite de faire de vrais légumes comme des frites, des pâtes ou des frites »…

 

J’ai chaud, tellement chaud : « J’suis un lapin dans un four à micro-ondes ». Capable de se mettre à la place du lapin en train de cuire, Oldelaf a bien du talent et se déchaîne avec ses musiciens. S’il nous emmène ensuite à Nancy, ce n’est guère réjouissant, plutôt démoralisant. Je ne crois pas que les Nancéens auront vraiment apprécié même si « Pour que passent, les heures lasses, on s’entasse sur la place Stanislas. »

Pour finir, Oldelaf rédige son Testament et ce n’est pas si triste que ça avec un refrain très chantant. Heureusement, « Tu verras que je n’pars pas vraiment » et nous devons être nombreux à attendre un nouvel album signé Oldelaf.

 

Un grand merci à Claire T. qui m’a offert ce CD ! Même si j’ai tardé pour en parler, je l’ai écouté souvent et je me régale toujours autant avec les chansons d’Oldelaf.

Jean-Paul

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