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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 00:01

Hier soir, en compagnie de Vincent et de Damien, nous avons assisté au concert d'Hubert-Félix Thiéfaine. Quel plaisir d'entendre la quasi totalité des chansons de son dernier album, chroniqué par Jean-Paul il y a quelques semaines, mais aussi de nombreux autres titres ayant ponctué la carrière ce ce chanteur hors-norme. Nous ne fûmes pas déçus car sa voix reste intacte tout comme son énergie. Un grand moment... arrosé bien sûr à grands coups de kéfir avec d'énormes pensées pour notre Jean-Paul que "l'on aime et que l'on attend" comme le chante si bien Thiéfaine dans "Fièvre résurrectionnelle".

 

 

Hubert-Félix Thiéfaine, Suppléments de mensonge, Label Lilith, février 2011 


hubert-felix-thiefaine-supplements-de-mensonge-110531444.jpg

 

Un nouvel album de Thiéfaine est toujours un événement. Voilà un artiste, auteur-compositeur et interprète à la voix unique et inimitable dont le talent ne se dément pas.

 

 

« Suppléments de mensonge »,  titre générique extrait du Gai Savoir  de Nietzsche, se déguste et s’apprécie sans modération. Tout est tellement bien écrit, dans un style unique au vocabulaire riche et très varié, que les chansons d’Hubert-Félix Thiéfaine sont à chaque fois une véritable orgie de mots et de musique.

 

 

- « La ruelle des morts » nous met d’emblée dans l’univers de Thiéfaine qui nous charme depuis si longtemps. 

« On arrosait nos victoires
  à grands coups de verres de kéfir »
                  

 

Comment être insensible à cette allusion très réaliste à cette boisson fermentée, excellente pour la santé, soit à base de lait, soit à base de fruits, que m’avaient recommandée Guy, Danielle et Jean-Pierre S., des amis très chers ?


- « Je t’aime et je t’attends à l’ombre de mes rêves » revient dans cette « Fièvre résurrectionnelle », le second titre qui nous fait visiter 6 milliards de pantins, de fantômes, de lépreux, de paumés et de groupies… Quel parcours!

 

- « Trois poèmes pour Annabel Lee » est une chanson très poétique

«  Annabel Lee
    pas un seul cheveu blanc
    n’a poussé sur mes rêves… »

 

- J.P.Nataf a composé la musique de « Garbo XW machine ». Il a bien su mettre en valeur le texte  déjanté, psychédélique de cette chanson, comme la suivante, que Hubert-Félix Thiéfaine a extrait d’un album fantôme inédit de 2008. Une très bonne idée.

 «  Prends mon pion dans ton circuit

     Garbo XW machine

     Prends mon pion dans ton circuit

     J’aime tant ta froidure féminine ».

 

-  Ce « Petit matin 4.10 heure d’été » est à la fois un hymne à la vie et…à la mort.

«  Le silence des morts est violent

     Quand il m’arrache à mes pensées… »  Puis, un peu plus loin :

«  Je rêve tellement d’avoir été

    Que je vais finir par tomber. »

 

- Dans « Compartiment C. Voiture 293.Edward Hopper 1938 » chanson pleine de mélancolie, Thiéfaine observe une femme voyageant seule.

«  Voyageuse solitaire

    Entourée de mystère…

    …Est-ce que tu fuis ? » Et il échafaude plusieurs hypothèses.

 

- Les « Infinitives voiles » réalisent un voyage dans des rêves où se mêlent à la fois ses souvenirs  d’une enfance bâclée, son espoir d’un futur désiré et cette nécessité d’arracher son masque, son armure et ses scarifications de guerrier de l’absurde.

«  Quand les infos se vrillent au fond de (sa) ma pensée… »

 

- « C’est une brise-burnes

     Une casse-burettes

     Un cauchemar diurne

Une trouble-fête… »  Voilà une partie de la description de «  Ta vamp orchidoclaste » [du grec orchis, testicules, et clan, casser-briser… (à vous de traduire)], cette femme peu ordinaire avec ses clopes et sa barrette… Conclusion :

 « Elle t’entraîne dans un gouffre aux multiples rancoeurs

    D’où je préfère m’enfuir… »

Quel tableau !

 

- Très optimiste, Hubert-Félix Thiéfaine décrit notre monde dans « Lobotomie sporting club :

« Lobotomie média /propaganda fliquée » pour terminer sur un constat accablant :

« …Fin programmée. »

Chaque texte est l’occasion d’apprécier un peu plus tout le talent d’écriture d’Hubert-Félix Thiéfaine et son vocabulaire infiniment riche.

 

- « Les ombres du soir » en est un autre bel exemple. Comme pour deux autres chansons, il en a écrit aussi la musique, une ballade envoûtante mettant remarquablement en valeur le texte.

 

- « Québec november hôtel » permet d’apprécier encore toute la culture nord-américaine de l’artiste qui survole le Québec et en utilise le langage :

«  Je gèle ben raide dans mon dornier… »

Il se permet même un clin d’œil à Al Capone et au bar que celui-ci fréquentait pendant la prohibition, à Saint-Pierre et Miquelon : « La Morue Joyeuse ».

 

A force de patience et de talent, Hubert-Félix Thiéfaine s’est fait une place de choix dans le paysage artistique. Avec Ghislaine, nous l’avions découvert, il y a bien longtemps, lors des fêtes de l’été, à Valence. Puis nous l’avons revu dans une salle des fêtes d’Annonay archicomble  et nous chantions avec lui « on s’est aimé dans les maïs… ». C’est avec un immense plaisir que je peux écouter encore et encore cet album offert par Eric et Cathy que je remercie.

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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