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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 18:17

La cote 400    par   Sophie Divry

10/18 (2013), Les Allusifs (2010) 94 pages.

 

Il fallait oser ! É41TP-08uMaL. SY344 BO1,204,203,200crire à propos de la classification décimale des livres mise au point par Melvil Dewey, Sophie Divry l’a réussi superbement avec un humour qui fait du bien.

 

Les amateurs de lecture qui fréquentent les bibliothèques n’y font pas forcément attention mais tous les documents sont cotés et le système adopté est valable partout : « Parce que, théoriquement, que vous alliez à Paris, à Marseille, à Cahors, à Mazamet ou à Dompierre-sur-Besbre, vous devez trouver toujours le même livre au même endroit… À tous les coups ça marche. »

 

L’auteure, par l’intermédiaire de sa narratrice, détaille ce qui a permis de classer «méthodiquement l’ensemble du savoir humain. » Tout cela est agrémenté de phrases très fortes sur les livres : « Eux, ils m’élèvent. » Les confidences se poursuivent avec sincérité et justesse, sans concession pour les lecteurs qu’elle surveille de près : « Ils déclassent, ils volent, ils écornent, ils dérangent. Il y en a même qui arrachent des pages »… sans oublier ceux qui ne se gênent pas pour surligner, pour annoter…

 

Au passage, notre bibliothécaire livre ses sentiments sur la Révolution et cite les trois événements qui, pour elle, ont façonné notre histoire : la Révolution, les massacres de la guerre de 14 et la pilule. Napoléon en  prend pour son grade, qualifié de fossoyeur de la lecture : « Faire lire le peuple, ce n’était pas son truc, il préférait trucider la jeunesse en marchant dans la neige. Saviez-vous que les guerres napoléoniennes ont tué plus de petits Français que la Première guerre mondiale ?... Quand je vois tous les bouquins qui sortent chaque année sur ce nabot mal élevé, je ne comprends pas cette fascination…»

 

La vie au jour le jour, au milieu des livres, peut réserver des surprises, comme ce Martin qui revient régulièrement et dont elle ne comprend pas l'indifférence. Elle peste contre ceux qui n’empruntent que des « dévédés », explique que, pendant l’hiver, le chauffage attire les plus démunis mais ajoute aussi : « C’est fou le nombre de chômeurs, retraités, Cotorep, érémistes qu’on croise ici, l’été. » Ce qui l’amène à déplorer : « Quand je pense que certains maires osent fermer les bibliothèques au mois d’août ! »

 

La cote 400 est donc un petit trésor de réflexions bien senties comme cet encouragement pour la lecture qu’il faut citer encore : « Empruntez, car autant l’accumulation matérielle appauvrit l’âme, autant l’abondance culturelle l’enrichit. » Voilà une petite sucrerie bien délicieuse qui apporte plaisir, réflexion et sourire… ingrédients fort précieux.

 

Un grand merci à Muriel qui m’a offert ce livre choisi avec beaucoup d’à-propos.

 Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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