Chronique littéraire - Romain Puértolas

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L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA

par Romain Puértolas, Le Dilettante, 2013, 252 p.

 

789883.jpgJeune écrivain né à Montpellier, Romain Puértolas, après un premier livre édité à compte d’auteur, réussit un premier roman sortant vraiment de l’ordinaire et régalant le lecteur du début à la fin.

 

Tout commence avec cet Indien, Ajatashatru Lavash Patel, qui arrive en France en quête du premier magasin Ikea se trouvant sur son chemin afin d’acquérir « un lit Kisifrötsipik spécial fakir en petit pin suédois véritable avec hauteur des clous (inoxydables) ajustable. » Déjà, le sens de la formule est évident pour ce Lieutenant de la police des frontières qui affirme avoir écrit les pages de son livre sur son téléphone portable au cours de ses trajets dans le RER…

 

L’humour est présent à chaque page comme ce « chauffeur de taxi aussi à l’aise en anglais qu’un chien sur une patinoire », ce qui ne l’empêche pas d’être acide lorsqu’il entre dans le fameux magasin où « comme dans ses tours de magie, tout était faux, les livres, la télé, les robinets. » Il ose même un parallèle avec les casinos de Las Vegas où il n’y a pas d’horloge pour que les clients ne se rendent pas compte du temps qui passe et dépensent plus… comme chez Ikea !

 

Coincé dans son armoire, notre homme se retrouve, par un hasard incroyable, en Grande-Bretagne et le ton du livre change tout en gardant les bons mots et l’humour. Ajatashatru se trouve confronté à ceux qui fuient la misère et la faim : « Les vrais aventuriers du XXIe siècle. » Arrêté par la police des frontières, tiens, tiens… il subit un interrogatoire avant qu’on se débarrasse de lui. Il est envoyé à Barcelone avec les autres et c’est l’occasion de décrire toutes les inepties du traitement accordé aux clandestins.

 

Cette histoire vraiment extraordinaire se poursuit en Espagne puis en Italie, en Lybie avant le retour en France. Romain Puértolas a cru bon de faire intervenir un personnage récurent, le chauffeur de taxi et sa famille. C’est parfois un peu lourd mais c’est aussi parfois désopilant comme la scène de l’aéroport. Il était aussi inutile de répéter aussi souvent « prononcez … » pour les noms exotiques mais c’était amusant au début.

 

Enfin, l’auteur touche au monde de l’édition avec ce roman écrit sur une chemise mais le plus simple est de découvrir tout cela et de laisser à chacun le plaisir d’une lecture qui pourrait être résumé dans cette dernière citation : « Il avait fait un extraordinaire voyage de 9 jours, un voyage intérieur qui lui avait appris que c’est en découvrant qu’il existe autre chose ailleurs que l’on peut devenir quelqu’un d’autre. »

 

 

Jean-Paul

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