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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 10:09

Dernier convoi pour Buchenwald  par Roger Martin,

Le cherche-midi, 2013, 427 p.

 

dernier-convoi-buchenwald-1350525-616x0.jpg« Toute ressemblance avec des événements, des lieux, des personnes ayant existé n’a rien de fortuit »… et pourtant, Dernier convoi pour Buchenwald est un roman. Roger Martin réussit à faire vivre des personnages créés pour l’occasion avec d’authentiques hommes ou femmes ayant existé et vécu les faits décrits avec beaucoup de réalisme.

 

Robert Danglars dont le nom n’a pas d’importance, est dans ce wagon, le 14 mai 1944 : « Que peut-il y avoir de pire que cet enchevêtrement de corps transformés en loques ou en pelotes de nerfs à vif… » Par les mots, par le texte, Roger Martin réussit à décrire, à faire ressentir aussi fort que cela est possible, toute l’horreur vécue par tant d’hommes, de femmes et d’enfants.

 

« Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers, nus et maigres tremblant dans ces wagons plombés… » comme l’a si bien chanté Jean Ferrat mais Dernier convoi place le lecteur là où « …l’air glacé de la nuit tétanise, où une effroyable puanteur de pisse et de merde imprègne chaque centimètre de la peau. » Si « l’homme ne peut vivre sans croire que le pire n’est jamais sûr… », il faut absolument lutter de toutes ses forces contre l’oubli et ce livre y contribue grâce au talent de l’auteur et à la précision de son récit.

 

Retour en arrière indispensable, Robert Danglars raconte sa jeunesse et sa formation à l’École Normale d’instituteurs, institution que Pétain supprime en 1941. Le récit prend corps nous ramenant à Compiègne, au camp de Royallieu où les départs se poursuivent alors que le débarquement de Normandie a déjà eu lieu.

 

Instituteur dans un village, à 12 km de Brest, il commence à militer pour un réseau de résistance de tendance trotskiste, partagé entre lutte armée et internationalisme. Arrestation, torture ne tardent pas après qu’il ait découvert l’amour auprès de Delphine. « … Rossé, battu, torturé presque quotidiennement  par des Français dans une prison française, » Robert Danglars vit ce que beaucoup d’hommes ont subi au cours de ces années terribles. Le chantage fait aussi partie de l’arsenal utilisé contre ceux qui luttent pour reconquérir la liberté.

 

Enfin, à partir du 14 mai 1944, nous découvrons la vie quotidienne à Buchenwald, « la forêt de hêtres » où les humains sont moins bien traités que des bêtes : « On ne peut dire l’indicible. On ne peut décrire l’indescriptible. On n’a pas encore trouvé les mots pour traduire l’horreur de la barbarie et du massacre de masse. »

 

Quand l’armée américaine arrive à Buchenwald, le 13 avril 1945, le camp a été libéré par les prisonniers eux-mêmes qui ont mis les SS en déroute. Ils sont encore 21 400 dont 3 000 malades et 3 000 invalides.

 

Dernier convoi pour Buchenwald est « Une plongée au cœur de l’Histoire, entre barbarie et espoir ! » comme l’a noté Roger Martin dans sa dédicace lors de notre rencontre à Vienne, pour Sang d’encre.

Jean-Paul

 

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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