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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:54

La dame du Palatin par Patrick de Carolis, Plon, 2011, 442 pages

 

la_dame_du_palatin.jpgAvec ce troisième roman paru en 2011, le célèbre journaliste qui dirigea France télévisions de 2005 à 2010, fait encore honneur à sa région d’origine. Né à Arles, Patrick de Carolis réalise, dans La dame du Palatin, une formidable fresque qui emmènera son héroïne, Paulina, jusqu’à Rome.

 

D’ailleurs, le titre est un peu trompeur puisque près de la moitié du livre se passe non pas dans la capitale de l’empire romain mais au bord du Rhône, dans la bonne ville d’Arles (Arelate). Avec minutie et beaucoup de détails, l’auteur  nous permet de vivre au quotidien la vie d’une famille aisée, émaillant son récit de beaucoup de mots latins employés dans la vie courante. Les descriptions sont soignées et visiblement très documentées. Ce type de roman se révèle fort intéressant puisqu’il permet d’apprendre quantité de choses tout en se laissant prendre par le déroulement d’une vie, ses peurs, ses joies, ses intrigues et surtout ses superstitions dont le poids semble énorme.

 

Pompeius Paulinus, le père de Paulina, est un riche armateur, qui décide de fiancer sa fille, âgée de 14 ans, à un questeur du Sénat, afin de favoriser ses propres espoirs de promotion. Le mariage arrive et elle devient une jeune matrone avant de donner naissance à un garçon. Le livre devient alors un vrai manuel de puériculture avec tant de traditions à respecter où l’on voit se mêler le passé de ces peuples occupant la Gaule et la modernité romaine. Pauline va voir un Vieux sage, une sorte de druide, grâce à sa tante, Bubate, et une phrase pleine de sagesse a retenu notre attention : « La vie ressemble à une roue qui roule, un jour dans l’herbe tendre, un autre dans le sable, un autre dans le marais. L’essentiel est qu’elle ne se brise ou ne s’enlise pas. »

 

Après divers événements, Pauline découvre enfin la réalité romaine, les intrigues, une ville « étrange, grouillante, pétrie d’orgueil. » Le retour de Sénèque qui était exilé en Corse, va changer la vie de l’héroïne : « Rome est un théâtre où l’on peut jouer toutes les pièces et se livrer aux pires folies, » déclare Sénèque qui parle d’expérience.  Nous sommes en 54 après J.C, soit en l’an 807 pour les Romains,  et l’empereur Claude décède à l’âge de 64 ans. L’auteur nous fait vivre alors toutes les vicissitudes de ces gens assoiffés de pouvoir avec Agrippine aux commandes puisqu’elle réussit à mettre Néron, son fils, sur le trône. Il n’a que 17 ans.

 

Sénèque, qui avait été le précepteur du nouvel empereur, voit celui-ci dégénérer de plus en plus. Il organise des fêtes, flattant son talent supposé d’artiste, chante, joue de la lyre, écrit des poèmes mais n’hésite pas à supprimer tous ceux qui pourraient le gêner : « Nul n’ignore la cruauté de Néron. Que reste-t-il à celui qui a assassiné son frère et sa mère, sinon à se faire le bourreau du maître qui l’a instruit ? », s’exclame Sénèque qui ajoute : « Rien de plus inégal que la destinée. Le terme de chaque vie est fixé d’avance et rien ne peut le modifier. »

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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