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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 11:11

Mourir pour Saragosse par Michel Peyramaure, Éditions Calmann-Lévy, 2012, 288 p.

 

Romancer l’histoire est bien le meilleur moyen de rendre accessible au lecteur une période du passé parfois bien aride à décortiquer et à comprendre.

 

peyramaure-michel-mourir-pour-saragosse.jpgDans Mourir pour Saragosse, Michel Peyramaure, auteur très prolifique, nous ramène ici deux bons siècles en arrière, en se basant en Périgord, « à une journée de cheval de Périgueux », chez le baron Antoine-Joseph de Barsac dont la femme, Héloïse, vient de mourir. Commence alors un retour en arrière qui va permettre de partager la vie d’un homme qui vient d’achever ses universités et qui doit travailler dans l’étude d’un notaire. Poussé à s’engager dans la Garde nationale, il refuse mais doit finalement s’y résoudre, la Patrie étant en danger. Alors qu’il aurait pu émigrer à Londres, comme son voisin le baron de Beauregard le lui suggère, le voilà, en1792, membre du 9ème régiment de Dragons où il côtoie Joachim Murat.

 

C’est lorsqu’il revient à Barsac, en permission, qu’il apprend qu’Héloïse, hélas s’est fiancée à un autre. Au fil des pages, nous suivons notre homme à Valmy, en Allemagne, à Fleurus où il est blessé puis à Amsterdam et enfin à Paris où il retrouve François Fournier, un compatriote. Celui-ci rentre d’Italie où il a combattu sous les ordres d’un certain Bonaparte. Les champs de bataille se succèdent en Autriche, à Austerlitz puis avec Murat, en Espagne.

 

Napoléon ayant arraché l’abdication du roi Charles et de Ferdinand, son fils, il place son frère, Joseph, sur le trône espagnol. Le peuple se révolte et l’armée de Murat se livre à une horrible répression. Voici enfin Saragosse et un premier siège, « une boucherie ».

 

En 1808, Antoine-Joseph participe au siège de Madrid où il rencontre la comtesse Carla, une veuve jolie et fière. Là-bas, l’hiver est très dur. Puis, Napoléon quitte l’Espagne pendant que son armée retourne assiéger Saragosse. Si le livre ne se consacre pas exclusivement au siège de cette ville insoumise, une bonne partie de l’histoire permet de prendre conscience de toutes les horreurs, de toutes les souffrances qu’une armée d’occupation peut imposer à une population refusant de passer sous ses fourches caudines.

 

Les épidémies, la faim et les armes sèment la mort et la désolation. Lorsque Saragosse capitule, on déplore 6 000 morts dans cette ville contre plusieurs centaines parmi les membres de l’armée d’un empereur qui se désintéresse alors de ce pays, ne pensant qu’à la guerre contre l’Autriche.

 

Après Saragosse, Antoine-Joseph de Barsac part pour l’Allemagne où les troupes impériales pillent, violent, incendient… De succès en succès, Napoléon va jusqu’à Vienne. Les batailles se succèdent comme celle de Wagram que l’on présente comme une grande victoire et qui fut une monstrueuse hécatombe.

 

L’aventure de notre héros se termine brutalement, ce qui l’oblige à rentrer au pays où il retrouve Héloïse. Michel Peyramaure œuvre une fois de plus pour dépoussiérer l’Histoire. La lecture de Mourir pour Saragosse donne l’occasion de comprendre d’un peu plus près tout ce qui nous a été trop souvent présenté d’une façon édulcorée, bien trop enjolivée pour être réelle.

Bonne lecture !

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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