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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 11:53

Hymne par Lydie Salvayre

Seuil (Fiction & Cie), 2011, 240 p.

 

hymne-d5a4f.jpg« On dit qu’il ne sortait de sa timidité que pour être, sur scène, l’audace même. » Lydie Salvayre nous parle, ici, de Jimi Hendrix qui, le 18 août 1969, à 9 h, sur la scène de Woodstock, s’empara de l’hymne national étatsunien : The Star Spangled Banner pour en faire un cri : « il l’empoigna, le secoua, et aussitôt en fit jaillir une liberté qui souleva l’esprit. »

 

Avant d’aller plus loin, donnons tout de suite un conseil aux éventuels lecteurs : ne commencez surtout pas ce livre ! Si vous le faites, vous serez happés, pris dans la spirale de l’écriture de l’auteure. Fille de républicains espagnols exilés en France, Lydie Salvayre décrocha une licence de lettres modernes avant d’entrer en fac de médecine pour devenir psychiatre à Marseille puis à Argenteuil. Elle a déjà publié de nombreux romans dont certains ont été adaptés au théâtre.

 

Ici, elle utilise une écriture à rebonds qui donne au lecteur l’impression d’être au cœur du tourbillon qui emporta Jimi Hendrix, sacrifié par la crapulerie financière. Elle n’hésite pas à dénoncer Jefferey, son immonde manager, qui l’obligea à faire 255 concerts en 1967 et presque autant l’année suivante tout en lui fournissant drogues et psychotropes qu’il décomptait d’ailleurs en frais généraux !

 

Pour nous faire davantage comprendre la personnalité de Jimi Hendrix, Lydie Salvayre nous emmène au cœur de ce qui fut son enfance avec un père qui « interdit à ses deux fils d’aller à l’enterrement d’une mère qu’il jugeait indigne. » Toute sa vie, Jimi fut inconsolable, se sentant même coupable de la triste fin  de sa mère.

 

« Sa guitare fut sa raison de vivre. » Son père lui avait acheté la première pour 5 dollars mais il la remplaça très vite par une guitare électrique et c’est ainsi qu’il créa, peu à peu, ce style inimitable : « trop pittoresque, trop osé, trop abondant, trop outré, trop inconvenant, son rock... irrecevable » mettant Jimi Hendrix « out, dehors, hors catégorie, hors norme… Sa guitare électrique était sa femme et sa maison et sa patrie. »

 

Jimi Hendrix joua jusqu’à sa mort, à 27 ans, le 18 septembre 1970, d’un excès de barbituriques. Une fois de plus, nous citerons l’auteure, à propos de ce fameux hymne qu’il joua à Woodstock : « Un Hymne qui portait en lui le refus véhément de tout ce qui amputait et saccageait la vie, mais qui disait aussi son désir de bataille, et l’espoir que la hideur et la violence puissent par la musique être converties en beauté. »

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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