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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 23:00

Le Montespan par Jean Teulé, Éditions Julliard, 2008, 352 pages

 

le-montespan-2.jpgCharly 9 nous ayant procuré de très bons moments, il était tentant de lire le roman précédent de Jean Teulé, un livre consacré à un personnage trop négligé de l’Histoire de France, le mari de Madame de Montespan.

 

Un peu confuse au début, l’histoire débute le samedi 20 janvier 1663 par un duel entre plusieurs nobles et l’on s’y perd avec tous ces noms mais la verve de l’auteur est déjà en action. Il plonge le lecteur dans l’ambiance de la rue, à l’époque, avec ses odeurs et ses outrances. Il nous fait remarquer aussi ces privilégiés qui se déplacent avec un bouquet de violettes sous le nez…

 

Arrive enfin le mariage entre Françoise de Rochechouart  de Mortemart, dite Mademoiselle de Tonnay-Charente, et Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan… ouf !  Voilà notre couple en place, suite à cette rencontre due aux hasards d’une issue malheureuse des précédents duels. Louis-Henri est subjugué par la beauté de Françoise : « L’orgueil de ses beaux seins cambrés diffuse le seul vrai parfum : son corps. » Elle porte trois jupes : la modeste, la friponne et la secrète, pas de sous-vêtements, comme toutes les femmes de son temps. Ces deux coquins, très polissons, font l’amour sans cesse.

 

Pendant ce temps, la cour est à Saint-Germain-en-Laye où le roi Louis XIV honore sa maîtresse, Louise de la Vallière. Françoise qui se fait appeler maintenant Athénaïs, est étonnée de cela mais voilà que son mari accumule les dettes et se lance dans d’improbables conquêtes militaires qui permettent de voir le Roi-Soleil dans toute sa splendeur. Après la naissance de leur première fille, Marie-Christine, Louis-Henri s’en va guerroyer en Méditerranée. De passage chez lui, il est déçu car la marquise a ses règles et le lui fait savoir fort joliment : « Le Cardinal loge à la motte… »

 

Contre les Barbaresques, lors d’une autre expédition, c’est le désastre mais quel récit ! Il rentre, ruiné. Athénaïs met au monde un garçon : Louis-Antoine. Elle attire tous les regards du cercle de jeu où son homme se sent mal à l’aise. Sur proposition de la duchesse de Montausier, elle devient la dame d’honneur de la reine avec une pension à la clé. Lorsqu’elle est de passage chez le perruquier, son voisin, les apprentis sont tout excités par ses appâts généreux et Jean Teulé se régale en les décrivant.

 

Finalement, Athénaïs est enceinte alors que son mari revient après onze mois d’absence. Elle lui avoue que c’est le roi, le père : « Aux désirs du roi, nul ne se dérobe. » S’ensuit la descente aux enfers d’un homme qui refuse de se laisser corrompre mais reste follement amoureux de sa femme. En équipant son carrosse de gigantesques cornes de cerf, les ajoutant même à son blason, il provoque la colère du roi.

 

« Versailles ignore la misère du pays » et Athénaïs enchaîne neuf grossesses. La vérole fait des ravages chez les courtisans qui pullulent à Versailles, un chantier permanent où travaillent 36 000 hommes. L’Histoire nous l’a appris, la Montespan sera évincée par la Maintenon mais Jean Teulé a bien fait de nous faire vivre avec réalisme et humour une époque bien trop idéalisée dans sa version officielle.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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