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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 11:48

Mes Utopies…,  L’avenir de l’école se conjugue-t-il au passé ?

par Claude-Alain Kleiner, Éditions Attinger, 2014, 190 p.

 

CAK.jpgNé à Bâle (Suisse), en 1951, Claude-Alain Kleiner a profité de son début de retraite pour mettre par écrit son ressenti d’enseignant et ses idées afin que cette tâche si noble favorise toujours plus la réussite et le plein épanouissement de tous les élèves.

 

D’abord instituteur-maître de stage à La Chaux-de-Fonds pendant quatorze ans, il a été chargé  de mission ensuite au Service de l’enseignement secondaire pour le canton de Neuchâtel puis a été Inspecteur d’écoles à partir de 1990, pendant une vingtaine d’années. De plus, lorsque neuf communes ont fusionné pour créer Val-de-Travers, en 2009, il a été élu membre de l’exécutif, responsable de l’éducation, de la culture, des sports et des loisirs, charge qu’il a abandonnée depuis pour se consacrer pleinement à l’écriture.

 

Dès le début du livre, il précise ses intentions : « Transmettre, empreint de ce besoin permanent de m’inspirer des Aînés. Héritier d’un passé, je me suis toujours senti comme nanti d’un inconscient devoir moral d’inventer l’avenir. Projeter, encore et toujours… Initier, expérimenter, remédier. Au service des élèves, des plus démunis d’entre eux, au service de l’institution scolaire. En acteur plutôt qu’en spectateur. »

 

Il va sans dire que nous nous retrouvons complètement dans ces lignes comme lorsqu’il affirme que sa passion est « en permanence empreinte de raison ! » Pour Claude-Alain Kleiner « L’utopie n’est-elle pas toujours ancrée dans la réalité ? » Plus loin, il affirme : « Je crois à un monde meilleur au sein duquel l’école, dans sa définition politique d’institution républicaine, continuerait de tenir un rôle majeur. »

 

Ce retour nécessaire aux fondamentaux de la mission enseignante implique « un brûlant besoin d’humanisation… Cette école du cœur et du labeur, que je prône depuis toujours. » Il ajoute que l’école doit redevenir une « institution respectée dans son autorité, une autorité reconnue auprès des parents et de la population. » Ses utopies prennent racine dans ce passé, ressourcement indispensable afin de se projeter vers l’avenir car : « seuls des êtes instruits et éduqués sauront défendre les intérêts de nos démocraties. »

 

Après avoir posé la question du sens de l’école, il s’appuie sur l’expérience de la Suisse romande pour distinguer instruction, éducation, culture et citoyenneté. Les disciplines sont passées en revue, comme l’évaluation du travail de l’élève. Le chapitre consacré à l’enseignant m’a particulièrement touché car cet être à part, très mal rémunéré, «  dont la mission est sans doute la plus déterminante pour la vie future des enfants qui lui sont confiés », n’est pas différent aujourd’hui de celui qui exerçait hier.

 

L’implication de l’enseignant dans la vie de la collectivité à laquelle il appartient renforce les liens entre l’école et la communauté. Il n’oublie pas le transfert affectif indispensable aux apprentissages, l’apport efficace des nouvelles technologies et cette « relation pédagogique placée sous le sceau de l’autorité de l’enseignant, » qui « vise le plein épanouissement de la personnalité de l’enfant, dans le respect de son autonomie. »

 

Claude-Alain Kleiner donne aussi son avis sur ce système scolaire que l’élève devrait quitter par choix et non par exclusion, sur la formation des enseignants, sur les moyens et termine avec deux textes : la lettre de François Guizot aux instituteurs primaires, datée du 18 juillet 1833 et la circulaire de Jules Ferry du 17 novembre 1883. Dans la première, cet extrait me touche personnellement :  «  Destiné à voir sa vie s’écouler dans un travail monotone, quelquefois même à rencontrer autour de lui l’injustice ou l’ingratitude de l’ignorance… »

 

Enfin, je remercie vraiment du fond du cœur Claude-Alain Kleiner pour ses longues lettres si précieuses durant les années d’enfermement et pour avoir cité mon nom en préambule de mes Utopies…, le complétant par : Instituteur à Sarras en Ardèche.

Jean-Paul

 

Pour commander ce livre au prix de 29 € (frais d’envoi compris), merci de le faire par courriel directement auprès de l’auteur à kleiner@valtra.ch

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Chroniques
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