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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 08:27

Hier samedi, nous avons vu Jean-Paul pendant 1h15. Il nous a appris que sa cellule était enfin chauffée !!! Nous lui avons fait passer quelques livres envoyés généreusement par des internautes que nous remercions. Quant au courrier, il a reçu jusqu'à présent 871 lettres. Nous ne pouvons que vous conseiller de garder le contact avec lui. D'ailleurs, nous vous rappelons que dans 12 jours, le jeudi 26 novembre, il faudra poster sa lettre dans le cadre de l'opération 300 jours - 300 courriers !

A présent, voici les deux derniers articles que Jean-Paul avait écrits pour le journal du 5 novembre, traitant de la crise économique en Europe.


 

 

Islandais en colère (5/11/2010)

 

Dans cette île nordique qui a défrayé la chronique avec son fameux volcan, la population a vu son niveau de vie baisser de 15,5% en 2009. Certaines manifestations ont même dégénéré avec aspersion de peinture sur le Parlement, vitres brisées avec des balles de golf et caillassage des voitures de ministres. Pour un peuple habituellement calme et policé, cela est très inquiétant.

Ce naufrage en cours remonte à deux ans en arrière avec l’effondrement de nombreuses entreprises. Depuis, beaucoup de ménages sont restés insolvables et l’Etat a annoncé qu’il n’y aurait pas de moratoire pour leurs dettes. Pour l’instant, ces manifestations mises à part, la détresse n’est pas visible mais chaque mercredi, c’est jour de distribution des colis alimentaires… De nombreux Islandais ne peuvent plus régler leurs factures et Madame le premier ministre, Johanna Sigurdardottir, a bien du mal à convaincre la population que c’est pour le bien du pays que les dettes des entreprises ont été effacées alors que celles des particuliers sont maintenues.

 

 

 

Atterrés anticrise (5/11/2010)

 

Quand 1139 universitaires, chercheurs, professeurs se retrouvent pour débattre des mesures alternatives aux politiques libérales menées en Europe, on peut se dire que tout n’est pas perdu. Tous, ils ont signé le Manifeste des économistes atterrés qui critique 10 postulats économiques, 10 fausses évidences, et propose 22 contre-propositions.

Philippe Askenazy (CNRS) explique que tout a commencé pendant la crise grecque : « Nous étions atterrés de voir la faible réaction de l’Europe. Atterrés de voir que l’Europe ne semble pas mesurer le risque social et le risque démocratique qui découle de ses choix de politiques libérales ». Contre la dictature des marchés qui gardent la clé du financement des Etats, ils dénoncent cette logique libérale présentée comme légitime. Pour eux, il n’est pas question d’imposer une pensée unique mais avant tout de débattre. James Galbraith, économiste américain souligne que « cette crise est la conséquence d’une coalition de puissants lobbys industriels et financiers qui sont parvenus à transformer des Etats en république-entreprise ».

Pour réduire la toute puissance des marchés financiers, première des 10 fausses évidences, le Manifeste propose de cloisonner ces marchés et les activités des banques, de réduire la liquidité de la spéculation en contrôlant les mouvements de capitaux, de limiter les transactions financières pour répondre à l’économie réelle et enfin de sabrer dans les rémunérations des traders.

Autre fausse évidence, un Etat ne se gère pas comme le ferait un père de famille. Il est suicidaire de couper les dépenses publiques car la réduction des déficits plombe l’activité et alourdit la dette. Le Manifeste propose de maintenir le niveau des protections sociales, même de les améliorer, d’accroître l’effort budgétaire en matière d’éducation, de recherche et d’investissement vers une reconversion écologique sérieuse. L’objectif est d’arriver à une croissance soutenable et de réduire le chômage.

Pour que l’euro puisse réellement protéger les citoyens, les Atterrés veulent une véritable coordination des politiques économiques au sein de la zone euro et une réduction concertée des déséquilibres commerciaux entre pays européens. Il faudrait plancher sur la création d’une « Banque de règlements » capable de financer les prêts entre pays européens.

Il faudrait que tous nos responsables politiques, de droite comme de gauche, tiennent compte des contre-propositions avant qu’il ne soit trop tard.

 

Jean-Paul

 

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans La vie en prison
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