Atelier d'écriture, Semaine 23

  • Les amis et proches de Jean-Paul Degache
  • La vie en prison

Cette semaine, Jean-Paul a décidé de privilégier l'actualité politique française en prenant le scrutin des cantonales, dernière échéance électorale avant les présidentielles. Il revient également sur la vie d'Andrée Chedid, romancière et poète décédée au mois de février 2011. Rappelons que cette Classe d’Atelier Journal permet à Jean-Paul de « s’échapper », quelques heures dans la semaine, de son enfermement.

 

En attendant 2012 (Éditorial du 08/04/2011)

 

Alors que pendant des semaines, les différents médias n’ont cessé de se moquer de ces élections cantonales en les dévalorisant sans cesse, il était vraiment indécent de voir les mêmes se lamenter ensuite à propos d’une abstention record, appelant même de leurs vœux un sursaut démocratique…qui n’a pas eu lieu. Dans notre pays, il est toujours triste de voir que 35 millions d’électeurs n’ont pas exercé leur droit de vote à l’occasion de la dernière consultation électorale avant les présidentielles de 2012.


Impossible d’oublier ces Africains du sud faisant la queue pendant des heures pour participer aux premières élections de l’après-apartheid. Chaque fois qu’un pays accède enfin à la démocratie et conquiert le droit de vote, ce sont toujours les mêmes scènes qui se renouvellent, scènes démontrant l’immense satisfaction ressentie par ces gens qui, souvent pour la première fois, peuvent exprimer leur point de vue par l’intermédiaire d’un bulletin de vote.


Souvent, des électeurs blasés abandonnent ce droit démocratique conquis de haute lutte par ceux qui nous ont précédés, estimant que cela ne sert à rien ou qu’ils ne trouvent pas idées à leur convenance. Il est vrai que le petit bulletin de vote de chacun est souvent décevant, surtout si l’on se trouve dans une minorité, mais a-t-on trouvé mieux pour permettre aux citoyens de choisir leurs représentants ? D’ailleurs, l’un de ces arguments ne tient pas lorsque l’on parle du premier tour où les candidats et donc les options politiques foisonnent. Reste ensuite le second tour, beaucoup plus délicat dans notre système électoral puisque le choix se restreint et qu’il faut souvent se prononcer pour le moins mauvais des deux restant en course ou encore voter blanc, un vote qui mériterait d’être davantage reconnu. Enfin, il est remarquable de constater qu’entre deux tours, si l’abstention a été forte au premier, aucun changement notable ne se produit au second.


Maintenant que ces cantonales sont passées marquant la progression de la Gauche socialiste, le recul de l’UMP, la banalisation du FN et les avancées des Écologistes et du Front de gauche, nous allons entendre davantage parler, si c’est possible encore, des prochaines présidentielles. Voilà une élection qui marginalise toutes les autres puisqu’elle monopolise analyses, commentaires et pronostics deux années à l’avance. Cette présidentialisation, accentuée par le passage au mandat de cinq ans, est dommageable car elle nuit au débat démocratique, la personnalisation étant outrancière.


Maintenant, qu’on le veuille ou non, il faudra patienter jusqu’en 2012.

 

 

Les chiffres de la semaine

 

17 travailleurs intervenant sur la centrale de Fukushima ont été contaminés ou irradiés.

 

20 000 personnes ont suivi les funérailles des 9 manifestants, parmi les 37 tués par l’armée, à Deraa, le 23 mars, en Syrie.

 

11 700 emplois ont été supprimés par la Poste en 2010 et 10 000 suppressions sont prévues en 2011.

 

 

Andrée Chedid : une auteure multiple (08/04/2011)

 

Elle est née en 1920, au Caire, de parents libanais séparés puis a appris l’anglais et le français mais c’est en arabe qu’elle sait le mieux exprimer sa tendresse. Si Andrée Chedid s’en est allée il y a quelques semaines, son œuvre poétique, romanesque et théâtrale reste.

À l’âge de 10 ans, elle se retrouve en pension puis, à 14 ans, elle part pour l’Europe, revient au Caire avant d’aller étudier dans une université américaine. Elle qui rêve d’être danseuse, écrit depuis l’âge de 18 ans. Elle se marie à un médecin alors qu’elle a 22 ans et met au monde deux enfants : Michèle et Louis.

Comme elle l’a déclaré dans une interview, son œuvre est « une éternelle quête d’humanité » et elle l’a bien mis en valeur dans « Fraternité de la parole », un recueil de poèmes publié en 1975. Ses racines sont au Liban et en Egypte mais comme elle est installée en France depuis 1946, elle connaît aussi bien le Moyen-Orient que la France et les pays occidentaux. Son œuvre porte la marque de ce multiculturalisme. Romancière, nouvelliste, dramaturge et surtout poète, elle a reçu de nombreux prix littéraires comme le Goncourt de la nouvelle, le Grand prix de la Société des gens de lettres, le Prix Mallarmé, etc…

« J’écris pour essayer de dire des choses vivantes qui bouillonnent au fond de chacun ; j’espère ainsi communiquer. Les sujets que je choisis sont en général marqués par la tragédie et par l’espérance. Je veux garder les yeux ouverts sur les souffrances, le malheur, la cruauté du monde mais aussi sur la lumière, sur la beauté, sur tout ce qui nous aide à nous dépasser, à mieux vivre, à parier sur l’avenir. » En quelques lignes, Andrée Chedid définit parfaitement le but qu’elle a recherché au travers de son œuvre imposante.

Comme on a pu le dire parfois, Andrée Chedid n’a jamais cru avoir une écriture spécifiquement féminine. Elle n’est pas non plus féministe au sens militant du terme. Son style est avant tout universel et ses héroïnes sont d’abord des femmes prise dans le mouvement solidaire du monde contemporain.

Son fils, Louis, est devenu un auteur-compositeur renommé et il est le père de Matthieu, « M » qui a rendu célèbre le fameux : « je dis aime ». Mis en musique par son petit-fils, ce texte est un poème signé…Andrée Chedid, sa grand-mère ! C’est un véritable message émouvant et nécessaire dans le monde où nous vivons, prouvant s’il en était besoin toute la modernité de la poésie de cette auteure multiple et formidablement talentueuse.

 

Jean-Paul

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