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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 00:01

Aujourd'hui, nous effectuons un retour en arrière en se replongeant dans les heures qui ont suivi le verdict du premier procès de Privas et qui ont vu Jean-Paul être enfermé alors qu'il clamait son innocence !

 

Partie 1

 

Je ne le sais pas encore, puisque l’on vient de me condamner à 8 ans de prison, moi qui n’ai jamais rien fait de ce qu’on me reproche, qui ne cesse de clamer mon innocence depuis que ce cauchemar a commencé.

 

La porte s’ouvre sur une pièce noire dans laquelle dorment 7 hommes que je dérange en plein sommeil. Il faut allumer pour me permettre d’y voir clair mais je décide d’éteindre assez vite car les projecteurs qui brillent à l’extérieur donnent une clarté suffisante dès qu’on laisse ses yeux s’habituer. Gilbert, je crois, s’est levé pour enlever la table et la chaise qui étaient posées sur le seul lit libre des quatre lis doubles occupant la plus grande partie de l’espace de ce local vraiment exigu pour 8 personnes. Deux hommes me serrent la main. J’apprendrai le lendemain qu’ils se nomment Claude et Jean-Pierre. J’essaie de faire mon lit (celui du haut) comme je le peux afin de me coucher le plus vite possible pour ne pas déranger davantage mes compagnons d’infortune. Avant d’escalader le lit pour m’allonger, il faut passer au WC en étant le plus discret possible… parce qu’il est dans la pièce avec une cloison guère plus haute que la porte…

 

Une fois couché, je n’arrive pas à dormir, bien sûr. Beaucoup d’images s’agitent follement dans ma tête. Je n’arrive pas à croire que cette folie qui me poursuit depuis dix ans m'a amené ici… en prison. Les larmes coulent doucement. Je ne fais plus aucun effort pour les retenir parce que je pense à Ghislaine, à Vincent, à Simon, à ma mère, à mes frères et sœurs, à l’ensemble de ma famille et à ces amis innombrables venus me soutenir. Que vont-ils faire maintenant ? J’ai très mal, très très mal pour mon épouse et pour mes enfants à qui on inflige tant de souffrances imméritées. Pourquoi cette présidente a-t-elle été aussi agressive avec moi, me traitant comme si j’étais coupable dès le début du procès ? Pourquoi tous ces gens que j’ai bien connus et à qui je n’ai pas fait de mal s’acharnent-ils sur moi au point de vouloir me détruire ? Pourquoi ces neuf jurés se sont-ils laissé aussi facilement abuser par ces accusations complètement invraisemblables, n’écoutant qu’une seule version ? Pourquoi mes avocats n’ont pas réussi à faire triompher la vérité ? Pourquoi je me suis si mal défendu ? Une semaine de cour d’assises dans le box des accusés, c’est une épreuve inhumaine pour un innocent.

 

J’ai essayé de faire face du mieux possible et les images de cette semaine folle défilent dans ma tête avec ses moments d’espoir, ses moments d’abattement et cette fatigue qui s’accumule chaque jour un peu plus, faisant qu’à un moment, on en arrive à souhaiter que cela se termine le plus vite possible. Je ne sais plus ce que je dois penser. J’ignore de quoi demain sera fait… Puis je fais connaissance avec ma première ronde de nuit. J’entends l’œilleton s’ouvrir et la lampe centrale s’allume… pas terrible quand on est sur le lit du haut… Mes camarades m’expliquent qu’à chaque fois, le surveillant nous compte à l’intérieur pour vérifier si nous sommes tous là… et cela se reproduit deux ou trois fois chaque nuit. J’ai dû finir par dormir un peu mais c’est déjà l’heure de se lever et il va falloir que je fasse connaissance avec mes camarades de cellule.

 

Je suis très inquiet, mais, tout de suite, ça se passe bien et je dois rendre hommage à Claude, Jean-Pierre, Gilbert, Gérard et Louis qui ont tout fait pour m’aider à supporter cette épreuve insupportable. Les deux autres changeront à plusieurs reprises et, certains jours, nous ne serons plus que six ou sept ce qui nous permettra de vivre un peu plus facilement, sans être obligés continuellement de déranger quelqu’un pour se déplacer.

 

Partie 4

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache - dans Les procès vécus par Jean-Paul
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commentaires

bernard devenasse 09/02/2011 11:55



L'interminable nuit  des "POURQUOI" sans réponse....