Rentrée littéraire - Karl Geary

  • Les amis et proches de Jean-Paul Degache

Vera     par    Karl Geary

Traduit de l’anglais (Irlande) par Céline Leroy

Rivages (2017), 253 pages.

 

Karl Geary, auteur de son premier roman,  emploie la deuxième personne du singulier pour parler à Sonny Knolls, jeune homme de 16 ans que nous suivons tout au long d’un livre qui aurait très bien pu emprunter son prénom pour le titre.

 

 

Nous sommes en Irlande, à Dublin. Dès les premières lignes un peu intrigantes et vite captivantes, je me suis attaché à cet adolescent à la fois débrouillard, craintif, respectueux et audacieux. Les filles, les femmes, l'amour, le sexe, tout cela le travaille beaucoup mais il doit aussi affronter une vie difficile, des parents qui ne s'entendent pas, des frères indifférents. La violence est toujours prête à déchirer sa vie mais il y a Sharon, la copine, et surtout Vera...

 

 

Au rythme de quarante chapitres, bien rythmés, l’auteur plonge dans la vie quotidienne d’un jeune issu d’une famille vivant loin des beaux quartiers et j’ai pensé, au fil de ma lecture, que ce serait un excellent sujet pour un film de Ken Loach.

 

 

Justement, ces beaux quartiers, Sonny les rencontre au hasard d’un petit chantier où il donne un coup de main à son père qui claque ensuite tout au jeu. Cette femme qu’il aperçoit puis chez qui il va quémander un peu de thé, le fascine très vite.

 

 

Voilà donc Vera avec laquelle il partage un amour immense qui dérange la société. Vera est lucide : « Nous sommes des serre-livres, toi et moi. Ton esprit se projette, il va de l’avant, tu penses à l’avenir. Moi, je pense au passé, je pense… » Elle ne va pas plus loin, gardant ses secrets pour elle. Elle sait que tout ce qu’ils vivent ensemble n’est qu’une parenthèse et ne veut pas obérer l’avenir d’un jeune homme aussi sincère. Sonny est tellement épris d’elle qu’elle ne sait pas jusqu’où il pourrait aller car sa santé est chancelante et un chagrin terrible mine sa vie.

 

 

Vera nous plonge dans l’histoire émouvante d’un jeune Irlandais et de son amour fou pour une femme plus âgée mais c’est un roman qui fait réfléchir aux dégâts sociaux causés par la précarité, le chômage, un système éducatif excluant les plus faibles, l’addiction au jeu et les ravages causés par l’alcool, excluant tout souci moralisateur.

 

 

Je me suis régalé tout au long de ce livre qui n’est donc pas seulement une histoire d’amour peu ordinaire mais une plongée dans la société irlandaise d’aujourd’hui que Karl Geary (photo ci-dessus) mène de manière vivante et efficace, ménageant surprises et émotion pour son lecteur.

 

Merci à Lecteurs.com et aux éditions Rivages pour ce livre lu dans le cadre des Explorateurs de la Rentrée littéraire.

Jean-Paul

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