Chronique littéraire - Cécile Coulon

  • Les amis et proches de Jean-Paul Degache

Trois saisons d’orage      par      Cécile Coulon

Viviane Hamy (2017), 265 pages.

 

Savoir raconter une histoire, mener le lecteur au bout du suspense et de l’intrigue, réussir à mettre en place une intimité avec des personnages attachants avec un style précis, efficace, poétique parfois, Cécile Coulon, à 26 ans, le réussit parfaitement. Elle en est déjà à son sixième roman et cette découverte a été un vrai régal.

 

 

Trois saisons d’orage nous emmène à l’est, dans ce massif des Trois Gueules, au village des Fontaines « un lieu humide et brumeux, couvert de terre, de pierre d’eau et d’herbe. » L’auteure choisit de faire parler Clément, un curé : « Je suis vieux, comme tous les hommes d’église. » Il vit depuis 40 ans aux Fontaines mais il n’y est pas né. Il nous conte l’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille Bérangère, de Maxime, de son fils Valère et de ses vaches…

 

 

Dans ce lieu perdu au cœur des montagnes, les frères Charrier ont installé des carrières où travaillent quantité de « fourmis blanches ». Ainsi, Les Fontaines passe de 150 âmes à 1000 et c’est là qu’André, médecin formé à Lyon, sa ville natale, décide de s’installer. Cet homme est traumatisé par les 18 enfants de l’orphelinat stéphanois dont il s’occupait, morts sous les bombes au cours de la deuxième guerre mondiale.

 

 

Dans une ferme isolée, il ne peut sauver un enfant mais « il sut que ce lieu était celui où il désirait vivre, dormir, vieillir. » Deux ans plus tard, il achète, en fait un lieu magnifique et confortable tout en gardant son cabinet au village. Son passé le rattrape avec Élise avec qui il avait couché et qui lui amène son fils, Benedict, âgé de 4 ans.

 

 

L’intrigue est lancée et cette saga familiale se déroule dans l’ambiance menaçante d’une nature sévère et dure. Même si Élise n’accepte pas de quitter la ville pour s’installer avec André, cette famille grandit doucement. Benedict devient aussi médecin, rencontre Agnès qui traduit des livres à la bibliothèque de la fac de médecine et ils viennent vivre aux Fontaines où naît Bérangère.

 

 

Celle-ci grandit, sympathise avec Valère qui l’aime : « Elle possédait la beauté discrète mais certaine de sa mère, son élégance aussi, et l’énergie utile de son grand-père. » Cécile Coulon (photo ci-contre) s’attache à ses personnages sans négliger l’évolution du village et sa situation économique toujours délicate car ne dépendant que du travail fournit par les carrières.

 

 

Grâce à la réussite des médecins et à l’offre de soins qui s’étend grâce à leurs relations, tout pourrait friser la perfection mais Valère est troublé par Agnès qui, de son côté n’est pas insensible à la force que dégage ce jeune homme. Le danger est bien réel, l’orage menace, mais inutile d’en dire plus car il faut se laisser entraîner jusqu’au bout dans cette histoire qui se termine entre Valère et Clément, toujours aux Fontaines.

Jean-Paul

 

 

 

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