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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 15:13

Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar

   par    Antoine Choplin

La fosse aux ours (2016)  pages.

 

Après Le héron de Guernica, La nuit tombée, L’impasse et Une forêt d’arbres creux, sans faire de bruit, Antoine Choplin (photo ci-dessous) signe un nouveau régal qui se passe encore  en Europe de l’est, Le héron de Guernica mis à part, en Europe centrale : Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar.

 

 

Comme pour La nuit tombée, nous sommes dans ce qui fut la Tchécoslovaquie mais dans les dernières années d’un régime totalitaire qui ne survit que par une pression policière de tous les instants. Le Printemps de Prague de 1968, avec Alexandre Dubcek, a échoué après l’invasion des chars russes. Vingt-et-un ans plus tard, dans la foulée de la Perestroïka de Gorbatchev, La révolution de velours triomphe enfin à Prague en portant Václav Havel au pouvoir.

 

 

Justement, le premier chapitre marque ce jour tant attendu où Václav Havel apparaît au balcon du Château. Tomas va prendre des photos de ce jour radieux. Il est en compagnie de Jiri, Markéta, Petr et Josk, ses camarades des années noires.

 

 

Le retour en arrière nous ramène à Trutnov où Tomas travaille dur comme cheminot, « les mains noires de graisse » après une journée sur ce train « un boulot de chien. » Dans le vestiaire, le jeune Tomas se fait chambrer par Fiala mais tous ne pensent qu’au bal qui va suivre. L’an dernier, Lenka Panenkova, jeune employée à l’économat, avait humilié Tomas devant tout le monde et cela, il ne l’a pas digéré.

 

 

Il pleut mais une troupe de théâtre venue de Prague s’installe et Tomas remarque un homme blond, avec une moustache, qui essuie consciencieusement les bancs et recommence après le passage d’une nouvelle averse. Commence alors le mixage réussi entre fiction et réalité car Tomas fait connaissance avec Václav. Séduit par sa simplicité et sa foi en la culture, lui le simple cheminot, il retrouve cet écrivain qui essuie les bancs et se lie avec lui et avec Olga, sa compagne.

 

 

Václav travaille à la brasserie de Trutnov mais il est surveillé. En secret, il rencontre Zdenek, un autre ami écrivain et confie à Tomas : « Nous essayons au contraire de nous opposer au mal que ce régime peut nous causer à tous. » Malgré la tension qui monte insensiblement, l’auteur émaille son récit de moments délicieux en forêt, le long de cette voie ferrée et de ces trains qui passionnent Tomas. Les dialogues s’enchaînent naturellement, révélant les sentiments de chacun.

 

 

Tomas s’engage de plus en plus aux côtés de Václav et de ses amis mais arrivent les premières arrestations et la prison pour celui qui présidera le pays plus tard. Quelques ellipses font sauter les années. Tomas a perdu son emploi de garde-barrière et vit maintenant à Hradecek, la maison de campagne de Václav, découvre tous les moyens utilisés pour surveiller l’écrivain, recopie ses pièces avec Markéta, subit la perquisition terrible de cinq policiers et fait signer la pétition réclamant simplement la liberté.

 

 

Il retrouve enfin Václav dans le Château et lui offre sa lampe de cheminot, scène extraordinairement émouvante, magnifique, car la tyrannie, la dictature et l’état policier ont été vaincus sans violence, par la culture. Václav Havel lui dit alors : « Ici, au Château, vous êtes chez vous. »

 

Un grand MERCI à Simon qui nous a permis de continuer à nous régaler avec Antoine Choplin.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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