Chronique littéraire - Vincent Message

  • Les amis et proches de Jean-Paul Degache

Défaite des maîtres et possesseurs      par    Vincent Message

Seuil (2016), 297 pages.

Prix Orange du livre 2016

 

Vincent Message (photo ci-contre), jeune écrivain, en est déjà à son second roman. Après Les Veilleurs, publié en 2009, il réussit une œuvre marquante qui incite à une profonde réflexion sur nos habitudes de vie et de consommation. Justement récompensé par le Prix Orange du livre 2016, Défaites des maîtres et possesseurs est une fiction complètement d’actualité.

 

 

Le narrateur se nomme Malo Claeys et nous comprenons petit à petit qu’il vient d’ailleurs, que la société dans laquelle il vit est fliquée et qu’il est très inquiet à cause de la disparition d’Iris, une clandestine qui vivait à son domicile. Saskia, son ex-épouse, est partie avec Yanis, leur fils. Aurait-elle dénoncé Iris ?

 

 

Retrouvée inanimée au bord de la route, Iris doit être amputée puis greffée mais son bracelet est détérioré et il faut absolument lui en procurer un autre car elle sera piquée puisqu’il y a trop d’hommes sur cette terre…

 

 

Peu à peu, nous comprenons ce qui s’est passé et l’incompréhension devant la situation sur Terre : « autant de gâchis, de morts inutiles, un pareil consentement à faire souffrir et à détruire sans retour. » Que c’est bien observé ! Malo constate que nous recherchons des êtres vivants ailleurs mais que nous massacrons les animaux sur terre, dans les mers.

 

 

La recherche menée par Malo l’amène à se souvenir comment il a sauvé Iris et nous emmène dans une ferme humaine d’élevage… scènes difficilement soutenables mais l’écriture de Vincent Message permet au lecteur le plus sensible de passer au-dessus du premier réflexe épidermique pour aller au-delà. Une réflexion salutaire.

 

 

La colonisation menée par ces êtres venus d’ailleurs ne peut que rappeler ce que nous avons fait sur d’autres continents : les guerres, les nombreuses victimes, les virus apportés, les espèces disparues, la pollution… Ils ont pris notre habitude de tout nommer, pour mieux dominer ?

 

 

Nous apprenons que les hommes ont été classés en trois catégories par ceux qu’ils nomment « les démons » : « ceux qui travaillent pour nous ; ceux qui s’efforcent de nous tenir compagnie ; ceux que nous mangeons. Nous les traitons, tous, comme des êtres à notre service, que nous utilisons pour combler autant que faire se peut nos désirs et avec lesquels nous pouvons en user comme bon nous semble, pour peu que cela contribue à améliorer notre sort, ou l’agrément que nous prenons à la vie. Nous sommes durs avec cette espèce, sans doute, mais c’est pour le plus grand bien de la nôtre. Nous savons tous, parce que c’est une affaire d’instinct, ou de bon sens, que les intérêts de notre espèce sont des intérêts supérieurs. »

 

 

Cette longue citation ne vous rappelle rien ? Vincent Message va loin dans le parallèle avec ce que nous faisons subir aux autres espèces et cela doit nous faire réfléchir et modifier nos comportements.

D’autres débats animent la quête de Malo et l’histoire devient de plus en plus palpitante. Un seul mot s’impose : défaite. « Qui veut être le maître se perd ; qui veut par-dessus tout compter au nombre des possesseurs ne se maintiendra qu’en dépossédant tous les jours, tous les autres. »

Jean-Paul

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