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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 10:10

Repose-toi sur moi       par       Serge Joncour

 Flammarion (2016) 426 pages.

 

Sur les pas de Ludovic et d’Aurore, Serge Joncour (photo ci-dessous) emmène son lecteur et le passionne avec toujours autant de talent. Si l’essentiel de l’action se passe à Paris, l’auteur n’en oublie pas une ruralité qu’il connaît bien et qu’il dépeint sans concession.

 

 

Ludovic mesure 1,95 m et pèse 102 kg. Cette armoire à glace au cœur tendre recouvre des dettes, un métier où il faut allier psychologie et intimidation en évitant, si possible, la violence. De son côté, Aurore est styliste de mode, créant et faisant fabriquer des vêtements à son nom. Tous les deux, ils habitent le même immeuble, l’un la partie ancienne et l’autre la partie rénovée avec des appartements vides la plupart du temps ou loués à des touristes pour de courts séjours parisiens.

 

 

Tout sépare ces deux êtres dont l’un déclare, à la fin du roman : « Repose-toi sur moi » Pas évident de deviner lequel. Entre ces deux mondes qui cohabitent, deux corbeaux ont élu domicile. Dans la cour de l’immeuble, ils impressionnent et affolent Aurore qui est sauvée par Ludovic. Commence alors un attachement improbable entre eux deux, sorte d’attraction-répulsion menant à un amour fou.

 

 

Ces deux mondes que tout oppose peuvent se voir d’un côté à l’autre et l’impression est très différente lorsqu’Aurore regarde les fenêtres de son appartement depuis celui de Ludovic. C’est une manière de se regarder vivre et de réfléchir sur son mode de vie.

 

 

Autre mode de vie, celui de la ferme que Ludovic a quittée après la mort de Mathilde, victime d’un cancer causé par les pesticides, ces produits appelés phytosanitaires pour faire moins peur. Régulièrement, il retourne dans la vallée du Célé, fait 600 km pour voir sa mère, sa sœur, son beau-frère et ses neveux qui ne rêvent que de Paris : « Une famille, c’est comme un jardin, si on n’y fout pas les pieds ça se met à pousser à tire-larigot, ça meurt d’abandon. » Là-bas, il connaît tout alors qu’à Paris, « il distinguait à peine les appartements d’en face, celui de la belle énervée, la brune revêche qu’il voyait fumer, le soir dans la cour… »

 

 

Aurore se bat pour produire ses modèles en France, se déplace à Annonay, ville citée à trois reprises, puis à Troyes pour rattraper une fabrication ratée alors que Fabian, son associé fait tout pour augmenter les profits et délocaliser en Asie.

 

 

L’action s’emballe peu à peu, la lecture du livre devient haletante et il est très difficile de le fermer. Serge Joncour ne déçoit jamais son lecteur (L’Amour sans le faire, L’écrivain national) avec un suspense bien mené et toujours des instantanés très judicieux sur cette société qui est la nôtre. Aurore va au bout de son amour : «… elle embrassait l’amour et le diable, la peur et le désir, la mort et la gaîté… »

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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