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29 juillet 2017 6 29 /07 /juillet /2017 14:06

Dans le jardin de l’ogre       par      Leïla Slimani

Nrf - Gallimard (2014), 214 pages.

 

Pour son premier roman, Leïla Slimani avait déjà marqué les esprits. Certes, moins qu’avec Chanson douce et ce Prix Goncourt tant convoité mais Dans le jardin de l’ogre prouvait déjà un talent certain et une écriture originale, précise, à l’aise dans un climat psychologique tendu.

 

 

Son héroïne se nomme Adèle Robinson et « elle veut être une poupée dans le jardin de l’ogre », consommant le sexe sans vraiment de plaisir mais de façon compulsive tout en prenant d’énormes risques. Adèle est mariée à Richard, un chirurgien impliqué à fond dans son travail, et elle est mère d’un petit garçon, Lucien, qui est très souvent avec la baby-sitter, pas dangereuse celle-là, ou avec Lauren, une amie précieuse toujours là pour dépanner.

 

 

Adèle est journaliste, comme l’auteure, mais son métier ne la passionne plus, elle qui aurait voulu être actrice ou l’épouse d’un homme riche et absent… À 35 ans, elle est toujours une belle femme, même si Leïla Slimani (photo ci-dessous) insiste sur sa maigreur. Elle a du mal à s’occuper de son enfant et pourtant, « elle adore le bercer et le regarder sombrer dans le sommeil, ivre de sa tendresse. » Elle veut se calmer, profiter de son foyer, faire son travail mais un homme rencontré quelque temps avant, la relance et elle replonge.

 

 

Invitée chez des bourgeois avec Richard, elle a envie de Xavier, trouve sa femme, Sophie, sans attrait. Au retour, son mari avec qui elle ne fait plus l’amour, lui déclare : « Tu sais, tu es tout aussi ordinaire que nous, Adèle. Le jour où tu l’accepteras, tu seras beaucoup plus heureuse. »

Bien sûr, l’auteure retourne dans l’enfance d’Adèle, ses relations difficiles avec Simone, sa mère, son père, Kader, la vénérant davantage : « Petite, elle a été un poids pour sa mère, puis elle est devenue un adversaire sans que jamais il n’y ait de temps pour la tendresse, pour la douceur, pour les explications. »

 

 

En vacances au Touquet, Adèle avait découvert L’insoutenable légèreté de l’être, le roman de Milan Kundera. Sa lecture l’avait excitée. Elle avait découvert le plaisir, lisant et relisant certains passages. Malgré ce contexte sexuel exacerbé, le roman n’a rien d’érotique. C’est plutôt un climat de plus en plus désolant et triste même si une installation loin de Paris, à la campagne, laisse un peu espérer.

 

 

Adèle ne trouve jamais de situation stable, placée toujours dans un état d’insatisfaction permanente : « Ce ne sont pas les hommes qu’elle craint mais la solitude. Ne plus être sous le regard de qui que ce soit, être inconnue, anonyme, être un pion dans la foule. » Malgré toutes ses tentatives et l’indulgence de Richard qui voudrait un second enfant, Adèle ne trouve pas le bonheur.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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