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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 18:22

La Porte des Enfers    par    Laurent Gaudé

Actes Sud (2008) 272 pages ; À vue d’œil (2009) 307 pages ; Babel (2010) 266 pages.

 

Comme il l’a confirmé ensuite dans La mort du roi Tsongor, Laurent Gaudé (photo ci-dessous) sait emporter son lecteur, captiver son intérêt, ménager du suspense puis s’extraire ensuite du réel pour mieux faire comprendre ce qui se passe et toucher au but.

 

 

La porte des enfers, roman napolitain, alterne entre l’été 2002 et 1980, l’année du terrible tremblement de terre qui a dévasté la ville et sa région. Filippo Scalfaro De Nittis affirme d’emblée : « Je porte mon père en moi. » Il travaille depuis deux ans dans le restaurant Chez Bersagliera, via Partenope, faisant la plonge puis les cafés à partir de 19 h. « Je suis le roi du café… Personne à Naples, ne peut se targuer de faire les cafés mieux que moi. » La suite nous apprendra qui lui a transmis ce savoir.

 

 

Ce soir, il va servir Toto Cullacio qui l’appelle à sa table « comme un maître à son chien » et… Vingt-deux ans plus tôt, nous courons dans les rues de Naples complètement bloquées par la circulation, avec Matteo De Nittis et Pippo, son fils âgé de huit ans. Giuliana, la mère, prend son service au Grand Hôtel Santa Lucia. Hélas, son mari et son fils sont pris dans une fusillade…

 

 

Laissons l’histoire se dérouler pour rencontrer les autres personnages comme Garibaldo qui tient un café, un lieu important où nous retrouvons Grace, un travesti qui apporte réconfort et un peu de tendresse, le professore Provolone et le curé Mazerotti âgé de 70 ans. Il gère à sa façon une église où il ne reçoit plus que les paumés, les égarés, ce qui ne plaît pas au Vatican.

 

 

Le titre du livre va s’expliquer peu à peu dans cette recherche du monde des morts menée par un prof déchu, un travesti, un curé et un patron de bistrot débonnaire. Matteo se sent bien avec eux quand il apprend qu’à Malte, La Valette abrite des souterrains immenses creusés 3 000 ans avant JC pour être plus près des morts.

 

 

Justement, une expédition au pays des morts révèle toute l’imagination de l’auteur qui nous fait traverser le fleuve des Larmes et surtout les Buissons sanglants : « … chaque mort, en disparaissant, emmène avec lui un peu des vivants qui l’entourent… Le défunt avance aux Enfers avec une longue traîne plaintive. Mais pour ces morceaux de vivants, pour ces bouts sanguinolents, il est interdit de pénétrer plus avant dans le pays des morts. La barrière des buissons épineux les accroche et ils restent ici pour l’éternité. »

 

 

Ensuite, Naples tremble, le 23 novembre 1980 : « Toute la ville ne fut plus que panique et appels désespérés… plus d’une trentaine de répliques cette nuit-là, petites, courtes et sourdes comme l’écho lointain d’une colère de titan… La ville entière était dehors. »

 

 

Enfin, l’auteur nous emmène loin de Naples jusqu’à l’hôpital de la souffrance de San Giovanni Rotondo, la ville de Padre Pio mais là, pas de miracle, seulement un formidable moment d’humanité.

 

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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