Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 14:55

Le serpent aux mille coupures    par    DOA

Gallimard, série noire (2009), 216 pages.

 

Si DOA n’avait pas été invité à La Grande Librairie, je dois reconnaître que j’ignorerais encore son immense talent. En attendant de découvrir les deux énormes pavés de Pukhtu, je me suis plongé dans Le serpent aux mille coupures, un thriller stressant, palpitant et donc passionnant.

 

 

Sans délai, DOA - nom de plume signifiant Dead on Arrival (mort à l’arrivée), titre d’un film noir US de 1950 – nous plonge en plein vignoble de Moissac (Tarn-et-Garonne) où, comme un peu partout, dans notre beau pays, hélas, on a du mal à accepter la différence.

 

 

Baptiste Latapie est en pleine action dans le vignoble, la nuit, car comme ses collègues viticulteurs, il n’accepte pas qu’un noir ait acheté les vignes du père Dupressoir : « la ferme que le nègre habitait, avec sa femelle – quel autre nom pour une Blanche qui copulait avec un boucaque ? – et leur sale gamine. Parce qu’ils s’étaient reproduits, ces animaux-là ! ». La haine déborde et c’est à une véritable guérilla que se livrent les autochtones.

 

 

Ce terrible jeu va être sérieusement perturbé par des Colombiens trafiquants de cocaïne accompagnés d’un avocat madrilène, deux importateurs et un motard qui sera au centre de l’histoire. Les cadavres s’accumulent assez vite mais c’est dans la ferme d’Omar Petit que la tension monte d’un seul coup. Lui, Stéphanie, sa femme, et Zoé, leur fille âgée de 5 ans, sont en grand danger et le lecteur tremble pour eux au fil des pages.

 

 

Comme si cela ne suffisait pas, débarquent de Colombie, par jet privé, un avocat du caïd de la drogue et un tueur sans scrupules, Chen Tod Niemeyer, qui voyage avec de faux papiers. C’est lui qui utilise la mort par mille coupures ou Leng T’Che, supplice chinois appliqué jusqu’au début du XXe siècle.

 

 

Le capitaine Miguel Barrera, venu de Madrid, et le Lieutenant-Colonel de gendarmerie Massé du Réaux expliquent très bien dans quelle impasse se trouvent les Européens : « Les deux cents milliards de la cocaína, par année, il faut des gens pour les payer. Et qui peut payer ? Nosotros. Chaque fois que quelqu’un achète sa cocaína ici, il paie les cartels. Il est responsable de más violencia, más miseria ailleurs… Les drogués, ils ne tuent pas, ils ne pillent pas, ils ne polluent pas tout, ils font pire, ils consomment. »

 

 

Tension, suspense, danger, course-poursuite, DOA maîtrise bien tout cela, pour le grand plaisir de son lecteur, sans oublier de lui ouvrir les yeux sur un des plus grands fléaux de notre monde, comme l’a fait Roberto Saviano, avec un registre différent, dans Extra-pure.

Jean-Paul

Partager cet article

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
commenter cet article

commentaires