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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 10:46

L’intérêt de l’enfant   par   Ian McEwan

Traduit de l’anglais par France Camus-Pichon (titre original : The children act)

nrf Gallimard (2015), 231 pages.

 

Tout au long du livre, nous nous attachons aux pas de Fiona Maye, juge aux affaires familiales, et nous partageons sa vie professionnelle, comme sa vie intime. Nous sommes à Londres, en été, et il pleut.

 

Alors que Fiona est complètement absorbée par les affaires sensibles et très délicates sur lesquelles elle doit se prononcer, Jack, son mari, 60 ans, est tenté par une aventure avec une femme de 28 ans. Il quitte le domicile conjugal avec sa valise.

 

Même si elle est perturbée par ce qui lui arrive, elle doit trancher dans un conflit opposant un couple membre d’une communauté ultra-orthodoxe. Les parents se déchirent à propos de l’éducation à donner à Rachel et Nora, leurs filles. Faut-il les cantonner à la maison pour élever leurs futurs enfants ou les laisser faire leurs études comme le veut leur mère ?

 

Le drame des deux siamois qu’il faut opérer afin d’en sauver un alors qu’ils vont mourir si on les laisse en l’état, l’oblige à prendre une nouvelle décision très délicate. Pendant qu’elle relit les rapports préparés, sa situation personnelle perturbe sa réflexion mais une affaire urgente va constituer la trame du livre : un garçon de 17 ans luttant contre la leucémie, doit être transfusé mais il refuse, comme ses parents. Ils sont Témoins de Jéhovah. Comme dans toutes les affaires familiales où elle intervient : « Elle statuerait sur ce qui avait commencé dans l’amour et se terminait dans la haine. »

 

Dans la dure solitude du réveil, elle trouve le silence de Jack « cruel et choquant » mais l’audience à propos du jeune Adam l’absorbe vite. On rappelle que ce refus des transfusions sanguines par les Témoins de Jéhovah est une décision prise par un Collège central basé à Brooklyn, en 1945… L’assistante sociale insiste : « Un enfant ne devrait pas se laisser mourir au nom d’une religion. »

 

Quand elle décide d’aller voir Adam à l’hôpital, l’histoire prend une autre envergure. Alors qu’il se condamne à mourir, il apprend à jouer du violon : « Apprendre le violon ou tout autre instrument était un acte d’espoir, de foi en l’avenir. » Aussi, Fiona se réfère au Children act de 1989 qui met d’abord en avant l’intérêt de l’enfant.

 

Ian McEwan (photo ci-contre), ensuite, nous promène un peu en Angleterre. Fiona retrouve ses souvenirs d’ado à Newcastle et l’auteur décrit les rapports entre les gens qui constituent l’institution judiciaire, leurs jalousies, leurs problèmes, leurs soirées, leurs goûts musicaux comme lors de ce concert de Noël à Great Hall.

 

Toujours sous la pluie, Fiona qui décide, qui tranche dans la vie des gens, comme ses collègues, en vient à constater une chose essentielle : « Elle croyait que ses responsabilités s’arrêtaient aux murs de la salle d’audience. »

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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