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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 10:48

La vie est ailleurs    par   Milan Kundera

Traduit du tchèque par François Kérel

Gallimard (1973), Folio (2005) 473 pages.

Prix Médicis étranger 1973

 

Milan Kundera, né à Brno (Moravie), seconde grande ville de la République Tchèque, vit en France depuis 1975, pays dont il a obtenu la nationalité en 1981. La vie est ailleurs a donc été écrit dans son pays d’origine et c’est par petites touches que l’auteur nous fait sentir tout ce qui, finalement, l’a incité à fuir.

 

 

Il s’attache au pas de Jaromil qu’il appelle « le poète », un enfant couvé par sa mère : « elle veillait sur toutes les activités du petit corps avec passion… L’animalité de son fils, élevée au-dessus de toute laideur, purifiait et justifiait à ses yeux son propre corps. »

 

 

L’enfant grandit : « il comprenait qu’il était un enfant qui prononce des paroles remarquables. » S’il a un an d’avance à l’école, « l’amour de sa maman le distingue des autres » et ses meilleurs amis sont son papa, son grand-père et Alik, « un petit chien fou. »

 

 

Hélas, arrive la guerre et les chars allemands sont à Prague. Son grand-père meurt. Dans une station thermale, Jaromil fait la connaissance d’un professeur de dessin, un peintre, et dessine des hommes à tête de chien… Plus tard, il choque sa mère en dessinant des femmes nues sans tête.

 

 

L’assassinat du maître allemand de la Bohême déclenche la répression de la Gestapo pendant que Jaromil fantasme sur Magda, la bonne, et sa mère culpabilise à cause d’une histoire d’amour avec le peintre. Son fils lit Eluard, Nerval, Desnos, Bieble et d’autres grands poètes tchèques surréalistes. Il écrit à leur manière « sans rythme et sans rime. » Quand il trouve un poème beau, il le tape à la machine et en écrit d’autres, inspiré par Magda.

 

 

Jaromil a beaucoup de problèmes avec les filles car il ne supporte pas son visage puéril : « Il marchait avec une tête triste et étrangère sur son épaule et avec un clown étrange et railleur entre ses jambes. » Sa mère est jalouse des femmes aimées par son fils : « elle se disait que les maîtresses peuvent être innombrables mais qu’une mère est unique. »

 

 

Arthur Rimbaud obsède le jeune poète qui milite à l’Union de la jeunesse et observe les profs non communistes : « C’était en fait l’examinateur plutôt que l’examiné qui subissait un examen. » Une jeune fille rousse, simple caissière, lui accorde ses faveurs mais elle ne plaît pas à maman…

 

 

Enfin, La Revue littéraire publie ses poèmes qu’il a lu « pendant la soirée chez les flics !... Au fond, qu’est-il resté de ce temps lointain ? Aujourd’hui ce sont pour tout le monde les années des procès politiques, des persécutions, des livres à l’index et des assassinats judiciaires… Le poète régnait avec le bourreau. »

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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