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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 09:09

Suprême régal pour lecteurs (2)

 

 Devant cette incroyable scène constituée d’une montagne de livres rangés ou dérangés dans une bibliothèque unique, nous retrouvons, place de l’hôtel de ville,

Arnaud Cathrine et Clémentine Beauvais qui répondent aux questions de Sophie Quetteville. Le débat est traduit en langue des signes et mêmes les fauteuils sont des livres !

 

Arnaud Cathrine situe A la place du cœur (Robert Laffont) dans la semaine sanglante de janvier 2015 en pensant à ce que ressentaient les ados devant ces morts, ce sang versé et cette mise en spectacle par les chaînes d’info. Dans Songe à la douceur (Sarbacane) Clémentine Beauvais s’est inspirée du grand roman d’Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine. Elle aussi écrit en vers libres pour nous faire vivre l’amour, sans voyeurisme, montrant qu’il est souvent plus doux de rêver à une personne que d’être avec elle.

Manosque s’anime de plus en plus. Les amateurs de lecture arrivent très nombreux et il ne faut pas être en retard si l’on veut une place pour écouter Serge Joncour et Guy Boley, une rencontre animée par Julien Bisson.

 

Tous les deux, ils s’inspirent des terres qui les ont vus grandir. Guy Boley, dans Fils du feu (Grasset), parle d’une France révolue. Lui, l’ancien funambule dont le maître est Pierre Michon, a trouvé son équilibre dans l’écriture et annonce déjà trois nouveaux romans prêts à être publiés. Avec toujours beaucoup de bon sens, dans Repose-toi sur moi (Flammarion) Serge Joncour parle de son immeuble, de son quartier et de cette régulation qui se fait naturellement à la campagne alors qu’en ville, il faut aller dans l’immeuble d’en face pour se voir vivre…

Catherine Poulain est très attendue à Manosque mais elle n’est pas très bavarde et ceux qui ont lu Le Grand Marin (L’Olivier), restent un peu sur leur faim. Pourquoi « Manosque-les-couteaux » ? Les explications promises par Sophie Quetteville ne viennent pas vraiment.

 

Avec Thierry Vila, Le Cri (Grasset), ils ont en commun la mer et une femme pour héroïne : Lily pour Catherine Poulain et Lil pour Thierry Vila. L’une est dans la réalité pour aller jusqu’au bout de ce qu’elle veut, l’autre est dans l’intensité et refuse de se soumettre aux représentations dominantes.

 

 

 

 

 

Vincent Message, Prix Orange du livre 2016, avec Défaite des maîtres et possesseurs (Seuil), et Jean-Baptiste Del Amo en écrivant Règne animal (Gallimard), ont en commun de pousser très loin notre réflexion sur ce que nous faisons subir à ce que nous nommons les bêtes.

C’est très dérangeant et provoque une réflexion fort utile, allant de l’anticipation politique pour le premier à un questionnement indispensable sur la condition animale pour le second. Yann Nicol a bien su faire ressortir les qualités de ces deux romans dont la lecture s’avère urgente.

 

En soirée de ce vendredi 23 septembre, André Wilms prouve, s’il en est besoin, qu’il est vraiment « Un type bien », comme le titre de la correspondance de Dashiell Hammet l’indique. Accompagné par le saxophone ou la clarinette de Leandro Guffanti, il nous subjugue, nous captive, nous émeut, tellement sa lecture est vivante. La comparaison avec la soirée du lendemain sera édifiante mais n’anticipons pas.

 

En fin de soirée, Frère Animal – second tour aurait mérité une pleine salle car la création d’ Arnaud Cathrine, Florent Marchet, Valérie Leulliot, Nicolas Martel et Benjamin Vairon est d’une actualité brûlante. C’est un spectacle absolument nécessaire, indispensable pour nous faire réfléchir devant certaines tentations à l’écoute de discours prônant la haine et le rejet de l’autre. Musicalement très riche, Frère Animal est en tournée, il ne faut pas le rater. (À suivre...)

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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