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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 14:32

L’écrivain national par Serge Joncour

Flammarion (2014) 389 pages.

 

Découvert et très apprécié dans L’amour sans le faire, il fallait confirmer cette bonne impression et le roman suivant de Serge Joncour est arrivé à point nommé. De plus, cet écrivain qui a attendu vingt ans avant d’être enfin publié, parle de son métier et les anecdotes qui jalonnent les tribulations de L’écrivain national, sont du vécu.

 

 

Notre homme est donc invité à passer quatre semaines, à Donzières, gros village de la Nièvre, dans le massif du Morvan, grâce à un couple de libraires ayant réussi à mobiliser la municipalité afin d’assurer cette résidence d’auteur.

 

 

Le maire en profite au maximum et l’appelle d’emblée « Notre écrivain national » lors de son discours d’accueil : « J’endurais son speech, un peu comme le skieur nautique demeure prisonnier de la trajectoire du hors-bord… Flottait là comme un parfum de kermesse dont je n’étais que le prétexte. »

Seulement, un événement va bouleverser ce séjour. Alors qu’il attendait qu’on vienne le chercher, dans une gare TGV déserte, l’écrivain était tombé sur un article du journal régional parlant d’une disparition, de l’arrestation d’un couple et le regard de la femme, Dora, sur la photo illustrant l’article, l’avait captivé.

 

 

À partir de là, il aura bien du mal à assurer son statut d’invité modèle… Utilisant le Kangoo des libraires, il se rend dans la forêt près du lieu où habite Dora. Elle a été laissée en liberté alors que son compagnon, Aurélik, est incarcéré : « En position d’accusé, rien n’est plus dur de se défendre, surtout pour un innocent. »

 

 

Il nous gratifie de superbes descriptions de cette forêt envahissante, tellement impressionnante. L’arrivée de la pluie est aussi un grand moment : « Ça commença par le bruissement lointain des feuilles qui se mirent à grelotter, des feuilles qui réagissent toujours au moindre souffle, ensuite il y eut l’effet démultiplicateur des milliards de gouttes d’eau qui percutaient ces milliards de feuilles, la pluie là-bas s’abattait sur les arbres et se rapprochait, ça devenait un bruit immense, une marée sonore gigantesque qui, comme une rumeur reculée, gonflait comme une vague, une vague qui n’en finirait pas d’avancer sur le rivage, qui ne s’arrêterait jamais… »

 

 

 

Tant bien que mal, il assure ses obligations : rencontres aigres-douces avec des lecteurs, surtout des lectrices, ateliers d’écriture avec des illettrés, dîner d’honneur, dédicaces, repas, interview pour la presse, animation en bibliothèque. Tout cela passe au second plan car l’écrivain est captivé par le fait divers qui agite le secteur : « on sent la chair qui palpite, la vie au bord du gouffre. »

 

 

Comme magnétisé par Dora, il plonge dans les secrets des habitants avec ce projet d’usine au cœur de la forêt pour en exploiter le bois et les menaces de résistance des écologistes. Enfin, il y a Manu qui l’appelle tonton mais le suspense est complet. Alors, ne dévoilons rien.

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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