Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 11:03

Les Vieux Fourneaux BD par Paul Cauuet et Wilfrid Lupano

Dargaud (2014) 1. Ceux qui restent (56 pages + cahier graphique)

2. Bonny and Pierrot (56 pages) et 3. Celui qui part (64 pages).

 

Plongez-vous sans délai dans la lecture des Vieux Fourneaux, BD qui collectionne les récompenses dont le Prix des libraires 2014 et le Fauve du public à Angoulême 2015.

 

 

Paul Cauuet et Wilfrid Lupano n’en sont pas à leur premières BD mais à Toulouse où ils résident, ils ont réussi un véritable petit bijou truffé d’humour, un véritable régal alliant remarquablement le dessin, la couleur et le texte.

 

 

Ceux qui restent. L’histoire débute avec Pierrot Mayou qui va chercher son vieux complice, Mimile, dans sa maison de retraite, la résidence Meuricy… pour aller à l’enterrement de leur amie, Lucette. Hélas, malgré les prodiges réalisés au volant par Pierrot, ils arrivent trop tard. À peine ont-ils remarqué Sophie, fille de la défunte, portrait craché de sa mère, qu’Antoine, son grand-père les apostrophe : « Salut, les cons… J’aurais dû vous dire que c’était un apéro, vous seriez peut-être arrivés à l’heure. »

 

Nous cernons un peu plus les personnages lorsque Jeanine, DRH qui avait licencié Lucette du labo Garan-Servier, ose dire son petit mot. Antoine retrouve ses réflexes de vieux syndicaliste et se met en colère aussitôt. Les souvenirs reviennent avant la visite chez le notaire. Lucette avait un théâtre de marionnettes Le Loup en slip, repris par sa fille. Pierrot fait partie d’un groupe de non-voyants anarchistes Ni yeux, ni maître mais n’a pas le temps de souffler car les voilà partis à la poursuite d’Antoine jusqu’en Toscane. Sophie avoue enfin : « Pour de vieux flibustiers, vous avez de beaux restes. »

 

 

Bonny and Pierrot. Dans le second tome, les auteurs ne se privent pas de brocarder ces boulangeries où l’on ne peut plus vendre une simple baguette mais des variantes affublées des noms les plus ridicules : sarmentine, fleurimeuline du pape, grand siècle, câlinette, essentielle, origine mais « l’essentielle est à la farine de meule, ça change tout. » Hilarant !

 

Quand Pierrot reçoit un colis extraordinairement rempli et signé Ann Bonny, l’histoire s’emballe. Antoine découvre l’Archipel Anarchiste Autonome de la mer de Paname où chacun a son île. D’ailleurs, on lui précise vite : « L’anarchie, c’est pas le bordel, Mon cher ! C’est l’ordre moins le pouvoir, nuance. »

 

 

Au passage, les auteurs nous parlent du scandale des logements vides : deux millions ; des manifs contre l’OAS et pour la paix en Algérie au métro Charonne avec l’histoire d’Anita, en février 1962 ; du net avec Arno Nimousse ; des meuniers industriels avec la réunion annuelle des actionnaires du groupe Holderen mais c’est l’histoire édifiante de l’île de Nauru qui permet de rappeler que « La planète est notre maison et que nous n’en avons pas d’autre… »

 

 

Celui qui part. Par bonheur, l’histoire continue et c’est une nouvelle venue, Berthe des Ravines, qui en est l’épicentre mais toujours avec nos trois lascars qui n’en finissent plus de révéler leur passé. Pierrot se fait remarquer, à Paris, au cours d’ « une action militante croquignolesque », déguisé en abeille mais « Y a pas de tenue pour s’indigner ! »

 

 

Des pluies diluviennes ont inondé une partie du village et Pierrot constate : « Ils ont engraissé les banques toute leur vie comme des esclaves pour se payer leur petit pavillon de merde et leur piscine qu’ils comptent pas sur moi pour venir leur racler la véranda ! »

 

 

Les gosses du village sont là aussi. Privés de jeux vidéo, ils les appliquent à la réalité avec ce lance-pierre à poules : « On jouait à angry birds. » mais Pierrot constate : « Allez, retournez à vos jeux vidéo. Z’êtes pas de taille pour la vraie vie. »

 

 

Le dessin est toujours aussi efficace, agréable, avec des personnages aux têtes incroyables comme celle de cet Australien qui cherche « Le Biouche. » Il y a aussi ce trésor des pirates que tout le monde espère découvrir mais revenons aux abeilles car « Notre vidéo de l’attaque des abeilles à fait « la buse » sur internet. C’est comme ça qu’on dit quand ça marche. » Et comme les auteurs ont noté « Fin de l’épisode » au bas de la page 64, espérons une suite à cette histoire si drôle et si juste.

 

 

Un immense Merci d’abord à Sylvie qui m’a conseillé cette BD pas ordinaire et un autre à Vincent qui m’en a facilité la lecture sans délai.

Jean-Paul

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
commenter cet article

commentaires