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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 17:57

Voici la suite et la fin du texte publié le 8 décembre :

 

Jeudi 3 décembre 2015 ( seconde partie)

 

Vous avez aussi organisé des conférences-débat marquantes et tellement importantes dans les moments si difficiles que nous vivions, grâce à Dominique Wiel, Marie-Monique Robin, Daniel Berthet et Patrick Guillot. Je dois citer aussi Bernard Devenasse qui a fait don d’un de ses superbes tableaux pour nous aider. Bien sûr, je ne peux pas rappeler les noms de toutes celles et de tous ceux qui ont donné beaucoup de temps et sacrifié de leurs loisirs pour tenter d’atténuer cette immense injustice mais ils savent combien ma reconnaissance est grande.

 

 

Sans vouloir faire l’historique du Comité de soutien, je tiens à rappeler que Michèle Mélinand a accepté la présidence au début puis que Josette Monod a assuré un court intérim avant de passer le flambeau à Jacqueline Brunière toujours admirable de conviction et de dévouement malgré les intimidations et les pressions.

 

 

Vous étiez là quand j’étais complètement privé de liberté, ma personne mise en danger chaque jour dans un environnement que je n’osais même pas imaginer. C’est pourquoi chaque courrier reçu m’était comme un ballon d’oxygène, une fenêtre, dépourvue de barreaux et de grilles, qui s’ouvrait sur l’extérieur, et il y en a eu énormément, près de 5 000 lettres et cartes postales. Simon n’hésitait pas à lancer un appel sur le blog pour marquer les étapes de ma détention et lorsque mon volumineux courrier m’était remis, cela étonnait beaucoup. Je vous lisais, vous relisais et je répondais à tout le monde, correspondants connus ou inconnus m’écrivant d’un peu partout en France mais aussi d’Espagne, de Belgique, de Suisse, de Chine, du Bénin ou du Brésil.

 

 

Ce soir, il manque plusieurs amis très chers qui ont été à nos côtés durant ces années noires et je vous demande d’avoir une pensée pour eux. Je ne les oublie pas.

 

 

Alors que se termine le second jour de ma liberté retrouvée, je veux dire un mot pour mes petits-enfants. Emma et Jeanne sont venues me voir à plusieurs reprises au parloir avec leurs parents m’apportant d’immenses bouffées d’oxygène et me présentant avec joie leur cahier d’école, ce qui me remplissait de fierté. Nous correspondions aussi en échangeant des dessins. J’ai vu Albin pour la première fois derrière la vitre du box où il m’attendait dans les bras d’Élodie et Vincent et, dès qu’il m’a vu, son sourire magnifique, comme s’il me reconnaissait, m’a donné encore plus de force pour tenir un peu avant de pouvoir le voir grandir. Enfin, Pauline venait de mettre au monde Louise lorsque j’ai pu avoir une permission de sortie pour un long week-end. Si elle dormait beaucoup quand je l’ai vue pour la première fois, à Grenoble, elle s’est bien rattrapée depuis…

 

À vous tous qui vous êtes déplacés parfois de loin pour partager ces moments tant attendus, je dis et je redis un immense, un énorme MERCI car l’amitié, la confiance et le soutien que vous avez tous déployés au cours de ces si longues années représentent le côté positif et humain d’un cauchemar qui n’aurait jamais dû exister.

Jean-Paul

 

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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commentaires

Jean-Paul 14/12/2015 14:28

Quel beau texte !
Merci beaucoup, Daniel, pour ces mots si justes, si vrais qui font un bien immense.