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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 11:41

Vernon Subutex (1) par Virginie Despentes

Bernard Grasset (2015) 396 pages.

 

Ce n’est que le tome 1 d’un roman annoncé en trois volumes. Avec impatience, nous attendons la suite de ce que va vivre Vernon Subutex, ex-disquaire, roi de la play-list, devenu, en quelques semaines, sans domicile fixe, réduit à rester dans la rue comme, hélas, beaucoup trop de monde dans nos pays dits civilisés.

 

 

« Vernon garde une ligne de conduite : il fait le mec qui ne remarque rien de particulier. » Depuis qu’il a dû fermer son magasin, en 2006, il a vendu petit à petit tout ce qui lui restait, sur e-bay. Avant, il avait un véritable vivier de filles. Maintenant, plus rien ! Pourtant, ils sont encore là, ceux et celles qui tentent de l’aider mais il a du mal à supporter l’indépendance qu’il perd, passant son temps à fuir.

 

 

Alexandre Bleach est mort et c’est lui qui le dépannait. Celui que l’auteure définit comme « toxico-crooner » a laissé des enregistrements à Vernon, des rushes qui intéressent beaucoup les médias désirant exploiter la célébrité d’une vedette adulée ou détestée de son vivant. Laurent Dopalet, producteur jaloux du succès des autres, sent qu’il a un bon filon à exploiter et laisse filer ce qu’il pense, bel exemple du style percutant de Virginie Despentes : « Alex Bleach était un connard, arrogant et fragile, le prototype du poète à la con – un merdeux qui ne pensait qu’au fric mais jouait les engagés sur les photos d’album. L’artiste dans toute sa splendeur : qui se croit tout permis et méprise ceux qui se tapent le travail, le vrai. Le problème du public, souvent, c’est qu’ils adoptent les leaders les plus pathétiques. Les gens aiment qu’on les trompe. C’est un principe qu’Alex avait bien compris. Il mentait, à longueur d’interviews, et le peuple l’adorait. »

 

 

Sans cesse, sont présentes la drogue et la musique, avec des artistes et des groupes connus ou inconnus. Beaucoup de personnages débarquent sans crier gare mais tous ont leur importance dans la vie décousue de Vernon. On rencontre La Hyène, capable de pourrir la toile en 48 h, Pamela Kant, ex-star du X, mais aussi Xavier qui déverse ses réflexions racistes. Vernon réussit à se faire héberger chez lui, même si « Xavier a toujours été un connard de droite. » Il y a aussi Lydia, écrivain, qui a obtenu 6 000 € de son éditeur pour écrire un livre sur Alex Bleach.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hébergé chez Kiko, un trader, grâce à Gaëlle, il s’impose comme Dj de l’appart : « Il est le Nadia Comaneci de la play-list. » Le propriétaire des lieux, ajoute, compliment ultime : « you’re a bad ass motherfucker. » Hélas, tout se gâte encore à cause de Marcia qui s’appelait Léo au Brésil… Arrive la première nuit passée dehors, les rencontres réconfortantes et les agressions. Il pense toujours à Marcia qui lui parlait de cocaïne en prenant de la cocaïne et on pense à Roberto Saviano (Extra-pure) : « Chaque ligne qu’on se met dans le nez, il faut penser qu’on sniffe le narcotrafic, le capitalisme le plus gore qu’on puisse imaginer. »

 

 

Olga est là, Xavier revient après une description dantesque du samedi dans un grand magasin de fringues mais Loïc, Julien, Noël, de Génération identitaire « L’honneur, la patrie » arrivent… Virginie Despentes nous laisse alors avec un Vernon Subutex qui fait défiler sa vie d’avant et constate : « je suis devenu un clodo sur un banc perché sur une butte, à Paris. »

Jean-Paul

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Published by Les amis et proches de Jean-Paul Degache
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